mercredi 24 décembre 2014

Joyeux Noël...

Noël, c'est comme l'alcool, ce n'est joyeux ou triste qu'en fonction de l'état dans lequel nous nous trouvons avant, avec ou sans ça...


♪ En décembre c'est l'apothéose,
La grande bouffe et les p'tits cadeaux,
Ils sont toujours aussi moroses,
Mais y'a d'la joie dans les ghettos,
La Terre peut s'arrêter d'tourner,
Ils rat'ront pas leur réveillon;
Moi j'voudrais tous les voir crever,
Étouffés de dinde aux marrons. ♪


" Je vois dans ces flots d'invectives, je vois surtout des gens qui boivent, qui mangent, qui dorment, somme toute, toutes les fonctions humaines, qui sont toutes assez vulgaires, et je dirais qu'ils sont lourds. Leur esprit est lourd." Céline

A quand "la révolte de l'esprit contre le poids" ?




  Nombreux sont les hommes, devenus artistes, uniquement parce qu'une femme les a quitté...


♪Sur la musique on va on vient
Corps contre corps main dans la main
Plus rien n'existe plus rien de rien
Quand je te tiens du bout des doigts
Pour te ramener contre moi ♪


Loïc Chaigneau

dimanche 7 décembre 2014

(pour l'Affranchi) - ABCD de l’égalité : police des braguettes contre société policée.

Origine : http://www.laffranchipresse.fr/article/2014/12/07/abcd-de-legalite-police-des-braguettes-contre-societe-policee






Depuis plus d’un an, les politiques, les médias mainstream ou alternatifs ne cessent de nous rebattre les oreilles avec le programme d’enseignement (certains diront d’endoctrinement) ABCD de l’égalité[1]. Certes, il y a sans doute beaucoup à dire et à débattre sur ce sujet. Cela a été fait, longuement déjà. Néanmoins, les critiques les plus sévères, à juste titre parfois, ayant été faites d’un point de vu uniquement moral, c’est oublier que ce programme n’est qu’un arbre idéologique qui camoufle et voile une forêt entière de longue déstructuration en nous invitant notamment sur de faux débats. Reprenons…

N.B : Les notes sont importantes, elles permettent d’eviter les contre-sens et d’apporter les distinctions nécessaire…
« Diviser pour mieux régner », s’il est un proverbe latin que le Capital a su intérioriser et appliquer c’est sans nul doute celui-ci. Ce n’est donc pas pour rien si les enjeux sociaux-économiques n’ont de cesse d’être occultés depuis les « trente honteuses » par des débats sociétaux, qui ont pu avoir leur légitimité un temps, mais qui n’ont pas manqué non plus d’aggraver certaines causes auxquelles ils prétendaient s’attaquer – tout ceci, relayait en première ligne par la gauche et le P.C.F tombé dans le gauchisme.[2]    Le but étant ici de faire intervenir des problématiques raciales ou bien encore de genre, dans la sphère sociale, afin de mettre en guerre les hommes contre les femmes, les noirs, contre les blancs etc. Bref, comme l’annonçait Michel Clouscard, « le capitalisme amènera la guerre civile chez les pauvres » tandis que le Capital est tranquillement épargné. Ainsi, la question féministe ou bien de genre, tout comme la question raciale intervient toujours ou presque afin de parasiter les enjeux économiques et sociaux centraux qui concerne à la fois les hommes, les femmes, les blancs, les noirs, les jaunes et j’en passe… Ce n’est pas pour rien si le Manifeste en appelait déjà à l’unisson de tous les prolétaires. Il faut ajouter à cela, avant d’en finir, car ce n’est pas ici le sujet principal, que la preuve que le capitalisme est fasciste en acte, c’est qu’il opère un revirement des problématiques privées vers la sphere sociale. Or, c’est le propre du fascisme que de confondre les limites entre le privé et le public et de s’investir dans des questions qui appartiennent au choix privé de chacun. On pense ici, à la répartition des tâches au sein du couple ou aux pratiques sexuelles, bref, tant de débats qui n’ont finalement pas lieux d’être et n’ont surtout aucune légitimité en ces temps de crise globale, bien qu’il n’y est rien d’étonnant à ce que cette dernière produise ce type de discours.
Ceci étant dit, il nous faut bien comprendre ici que cette critique n’est pas une critique morale et encore moins moralisante… Au sens ou elle n’entend pas faire des femmes, tout comme des noirs des esclaves, bien au contraire, mais elle tend à montrer plutôt l’escroquerie de ces débats et des supposées émancipations qui vont avec. Il en va de même ici pour la suite.

ABCD de l’égalité, voile de la réalité sociale profondément inégalitaire.

Dans la société du spectacle et de la novlangue, il est aisé de comprendre que les prétendus combats menés par la classe dirigeante se font toujours au nom l’exacte opposé de ce qui est défendu en réalité. C’est ainsi que le néocolonialisme se fait au nom des Droits de l’homme, que les guerres ont lieue et sont déclenchées au nom de la paix, que l’inégalité est produite au nom de l’égalité, à défaut de justice sociale.
Il faut rappeler tout d’abord ce qui semble être un truisme, mais qui fait encore débat, à savoir que l’égalité, dans l’absolu, n’existe pas. Seule l’égalité en droit a de sens et plus encore la justice sociale. L’égalité dans l’abstraction la plus totale n’a pas de sens et n’est même pas vraiment souhaitable si nous y réfléchissons… Mais plus qu’une ambition égalitaire, ce programme est très vite définit comme une « lutte contre le sexisme ». Ce qui est le principal problème dans nos écoles, vous en conviendrez. Rien n’est plus abjecte que le sexisme d’un enfant de six ans, qui n’est après tout qu’un phallocrate en puissance dont il va falloir calmer les ardeurs… et ce n’est pas par la culture à l’école et l’éducation dans le privé, qu’il intègrera certaines valeurs de virilité[3], mais bien à l’école, en remplacement du français ou des mathématiques, et si c’est exagéré peut-être d eprendre en exemple ces deux matières, ça ne l’est pas si, en revanche, nous parlons de l’enseignement de l’Histoire. La différence étant ici simplement qu’avec le français et les mathématiques, les heures sont toujours là et la déconstruction bien plus fine . A défaut de savoir s’exprimer et d’être à même de construire une pensée alors, l’enfant pourra donc assumer parfaitement son homosexualité ou celle de ses amis grâce à cet enseignement… Plus encore, le P.S prétend même sur ses affiches de campagne qu’on empêcherait ainsi le viol… Passons…

Nous constatons en fait, qu’une fois de plus, que tout ceci est un faux sujet. Faux, non pas dans le sens où ce qui est inclus dans ce programme n’est pas suivi, mais parce qu’il focalise l’attention sur un objet minoritaire, qui ne porte pas sur un ensemble et tend à délaisser les inégalités réelles de la plus petite école aux grandes écoles[4]… Pourtant, aujourd’hui, débattre de l’école se résume bien souvent, trop souvent en tout cas depuis quelques mois, à débattre de l’enseignement ou non de ce qui a trait aux questions de genre. D’un côté, les prétendus réactionnaires, de l’autre, les pseudos-progressistes bastion du libéralisme-libertaire. Après la liquidation sociale des ouvriers, vient celle des écoliers.

Mais, la véritable question est que reste-t-il de l’école ? Pouvons nous seulement parler d’une école ? L’école, dont il faut rappeler qu’elle signifie aux origines le « lieux de loisir » ou bien « d’arrêt du travail », du grec skholế. Or, les élèves sont invités (c’est tout l’art de l’euphémisme) de plus en plus tôt à se rendre sur les salons d’orientations, à décider dès le primaire parfois quel métier ils aimeraient choisir (là encore, si tout n’était qu’une question de choix), puis les entreprises viennent même dans les établissement scolaire afin d’attirer les jeunes têtes blondes[5]… C’est qu’il faut leur apprendre à se vendre, à faire un travail d’appauvrissement de soi, il faut choisir sa case. L’école est de moins en moins un lieu d’étude pour devenir plutôt une autre armée de réserve du capitalisme. Cours de masturbation le matin, cours d’entreprise l’après-midi, l’idéologie Cohn-Bendit a de beaux jours devant elle.
Il s’agît en fait d’un abrutissement généralisé qui consiste à formater les bambins au moralisme plutôt qu’au rationalisme, à se vendre comme marchandise plutôt qu’à s’épanouir. En effet, il faut du moralisme, de la lutte contre le sexisme, de la mémoire plutôt que de l’Histoire… Parce que, nous le savons, les papes de l’antiracisme comme les « nouveaux philosophes » et d’autres avec eux après guerre, n’ont eu de cesse de faire le procès de la raison… C’est la raison qui aurait produit Auschwitz a-t-on entendu, la raison est dangereuse. Alors plutôt que d’apporter de la culture et de la réflexion, on crée de la fausse morale. Avant d’apprendre à écrire, on apprend à féminiser les mots – car c’est ça le respect de la femme…
Pour l’heure, tout ce qui nous est présenté comme des « avancées » dont on feint d’ignorer ce vers quoi elles peuvent mener, abcd de l’égalité, informatique, l’entreprise à l’ecole, demeurent à des stades expérimentales, mais étrangement jamais aux lycées Louis le Grand ou Henri IV ou dans les quatre écoles maternelles d’où proviennent 85% de ces lycéens – alors même que ces avancées nous sont présentées comme plus que positives… De la même manière, la méthode globale, hautement discriminative[6] est désormais utilisées dans la majorité des écoles à l’exception de celles où l’on retrouve les enfants de la moyenne et haute bourgeoisie française…
A ce constat noir s’ajoute le tout-anglais, avec d’un côté les enfants de la bourgeoisie qui s’expriment d’ailleurs plus en anglais qu’en français et de l’autre, des enfants qui à terme finissent par ne vraiment parler aucune langue, s’exprimant dans un français approximatif, un mauvais anglais, un mauvais arabe etc.
Le problème actuel de l’école est donc bien plus grave qu’il n’y paraît, sur des sujets qui n’en sont plus à la simple expérimentation[7].

 L’ABCD de l’égalité joue donc bien son double rôle à la fois de voile sur les enjeux centraux qui touchent à la destruction programmée de l’école, détruit pas la marchandise, et aussi de programmation d’élèves profondément déstructurés, dont les plus touchés sont déjà et seront à l’avenir plus encore, ceux des classes populaires.   Ils sont nombreux alors ceux qui pensent à retirer leurs enfants de l’école, mais là encore, ce n’est pas à la portée de tous, et il n’est plus donné à tout le monde de pouvoir enseigner à son enfant à la maison lorsque le droit au travail est devenu une nécessité absolue, pour les deux parents, pour des raisons économiques évidentes… Dans un cas, comme dans l’autre, ce sont donc toujours ceux à qui il a été promis le plus d’égalité qui devront se satisfaire du nécessaire, sans broncher, salauds de pauvres !
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[1] « L’ABCD de l’égalité est un programme français d’enseignement proposé par Najat Vallaud-Belkacem, alors ministre des Droits des femmes, et dont l’objectif est de lutter contre le sexieme et les stéréotypes de genre. »

[2] (a) Cf. Lénine – La Maladie infantile du communisme (le « gauchisme ») –

(b) https://www.youtube.com/watch?v=_5cxXMtFavI&list=UUaNRgcgEtTlyOz53F3fRUlA

 [3] https://www.youtube.com/watch?v=XRNPQ5-y9V4&list=UUaNRgcgEtTlyOz53F3fRUlA
[4] http://www.inegalites.fr/spip.php?article1176
[5] http://www.education.gouv.fr/cid56498/semaine-ecole-entreprise.html
[6] Rappelons qu’elle l’est du fait qu’elle vise justement une globalité à l’inverse de la méthode syllabique qui pose tout le monde sur un pied d’égalité. En effet, avec la méthode globale, l’enfant issu d’un milieu aisé qui nomme les choses avec un langage correct serait de facto mis en valeur par rapport à l’enfant qui maîtrise moins de mots et moins bien à son entrée à l’ecole… Or, il est plus aisé d’apprendre l’ensemble des syllabes que des mots…surtout lorsqu’on a cinq ou six ans.
[7]http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2013/12/03/01016-20131203ARTFIG00338-niveau-scolaire-la-france-perd-deux-places-au-classement-mondial.php

Loïc Chaigneau, pour l‘Affranchi.
©2014 - tous droits réservés.



Audio - Lecture de l'article :




dimanche 30 novembre 2014

Connaissance et Amour...





L'amour, c'est comme la connaissance... Ça fait partie de ces choses auxquelles il ne faudrait pas toucher, parce que lorsque tu y a touché tu ne peux plus t'en passer alors que pourtant tu sais que ça aurait été mieux sans - plus tranquille en tout cas. Mais voilà, tu y touches, tu te laisses aller, puis t'y prends goût, un peu trop sûrement et surtout... Et puis tu chutes, une première fois, c'est la chute de l'extase celle qui t'invite à adorer ce champs auparavant inexplorer - tu sens naître en toi une certaine puissance, tu sors de la zone de confort, tu as réussi et tu aimes ça. La deuxième, c'est lorsque tu prends conscience des effets secondaires, des ruptures, de la réalité... Alors ça brise un peu tout, mais pas suffisamment pour y renoncer, c'est ça le pire... Ça te torture, mais tu ne voudrais pas être sot, tu ne voudrais pas et d'ailleurs tu ne peux plus être ignorant... Ca te torture, mais si les circonstances sont réunis, tu te laisses avoir de nouveau, par l'amour... c'est celui de la pratique et de la passion d'abord, puis celui des femmes, et là, même si tu le sais, tu te dis que cette fois-ci ce sera différent... Alors tu profites du moment présent, tu l'acceptes et t'en empare, et tu as bien raison finalement... jusqu'au prochain recommencement... comme si passé et futur étaient liés, passé et futur dans le seul présent, pour un instant - l'instant, ce qui échappe au temps...

« Ma doctrine affirme : Ton devoir est de vivre de telle sorte qu’il te faille souhaiter vivre de nouveau.» - Je n'aime pas toujours l'ami Nietzsche et ses concepts parfois trop flous et vastes, surtout quand il s'agît de social, mais là, il a vu juste, très juste. Essayons tant bien que mal de vivre en faisant de chaque moment quelque chose de bon, de sorte à ce que si tout devait être vécu comme un éternel retour du même, le même est important, et bien nous aimerions le revivre - sans regrets ni remords.
Le bonheur est là, il se crée, se construit, s’échappe, s'enfuit et revient.

  Une fois sorti de la caverne, en toute circonstance, tu as beau y remette les pieds ce ne sera plus jamais comme avant, alors plutôt que de regretter, travaillons à tirer tous ces enseignements vers le haut, quoiqu'il en coûte... et profitons-en pour vivre, vivre en sachant qu'on a toujours un pieds quelque part dans cette caverne.

Loïc Chaigneau
©2014 - tous droits réservés.


Article lu :


samedi 29 novembre 2014

_Seul



Jamais autant entouré, jamais autant d'activités, jamais autant d'amis, de connaissances, jamais autant d'opportunités peut-être et pourtant jamais autant de solitude lugubre et impossible à combler. Tout est plein et chaleureux mais n'est perçu que le vide et ressenti que l'apathie. Rien, personne pour combler le vide, pour réconcilier une âme brisée qui est effrayée par la solitude en même temps qu'elle la recherche, car insatisfaite de pouvoir combler ce vide comme elle le voudrait avec quiconque...  Et passer à côté de ce qu'il ne faudrait pourtant pas louper, surtout pas, mais y passer...

Bref,

" Je parcours tous les points de l'immense étendue,
Et je dis : " Nulle part le bonheur ne m'attend. "

Que me font ces vallons, ces palais, ces chaumières,
Vains objets dont pour moi le charme est envolé ?
Fleuves, rochers, forêts, solitudes si chères,
Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé !
Que le tour du soleil ou commence ou s'achève,
D'un oeil indifférent je le suis dans son cours ;
En un ciel sombre ou pur qu'il se couche ou se lève,
Qu'importe le soleil ? je n'attends rien des jours.
Quand je pourrais le suivre en sa vaste carrière,
Mes yeux verraient partout le vide et les déserts :
Je ne désire rien de tout ce qu'il éclaire;
Je ne demande rien à l'immense univers.
Mais peut-être au-delà des bornes de sa sphère,
Lieux où le vrai soleil éclaire d'autres cieux,
Si je pouvais laisser ma dépouille à la terre,
Ce que j'ai tant rêvé paraîtrait à mes yeux !
Là, je m'enivrerais à la source où j'aspire ;
Là, je retrouverais et l'espoir et l'amour,
Et ce bien idéal que toute âme désire,
Et qui n'a pas de nom au terrestre séjour !
Que ne puîs-je, porté sur le char de l'Aurore,
Vague objet de mes voeux, m'élancer jusqu'à toi !
Sur la terre d'exil pourquoi resté-je encore ?
Il n'est rien de commun entre la terre et moi.
Quand là feuille des bois tombe dans la prairie,
Le vent du soir s'élève et l'arrache aux vallons ;
Et moi, je suis semblable à la feuille flétrie :
Emportez-moi comme elle, orageux aquilons ! "

"Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé !" Ne manquez plus que ce soit deux...

Podcasts et vidéos Octobre/Novembre 2014.




Retrouvez l'ensemble de mes interventions audios et vidéos ici :  https://www.youtube.com/user/loiic16



1 - Ce que critiquer veut vraiment dire. Sens de la critique. 

  A ceux qui ne savent dire que "mais arrête de critiquer"....


   2 - La stratégie médiatique et politique d'Etienne Chouard / François Asselineau.

 Vidéo débat au sujet d'une stratégie qui m'apparait bancale...



3 -  Résistance et trésor perdu - extrait de la Crise de la culture.

 
4 - La destruction de l'amour - Audio de l'article présent sur ce blog.


5 - Refondation de la virilité - Qu'est-ce que la virilité ? est-ce quelque chose d'animal ?...

6 - Entre révoltes et révolution, parce qu’il est temps de ne plus tomber dans le spièeges du système et de la révolte idiote... structurons-nous !


7 - Redefinition de l'echiquier politique : afin de savoir ce que signiei la gauche, la droite, le socialisme, la réaction, le conservatisme etc. A une heure où tout cela est très brouillé...

8 - Nous sommes tous des hommes politiques !

Visiblement, pour les médias à la solde d'un système qui vise à détruire les mots, parcequ'ils composent notre réalité, c'est-à-dire la représentation commune que nous avons du réel, la question se pose de savoir qui est ou non homme politique. "M.Zemmour est-il un homme politique ?" s'interroge Médias... Vaste sujet... Et pourtant, il est si simple de répondre que Zemmour, comme nous tous, est évidemment un homme politique, ce qui ne fait pas de lui un professionnel de la politique...
Saisissons-nous de la politique, personne n'en est exclu, tout le monde y est inclus, de fait. Ne laissons pas ces leurres sémantiques nous diviser et nous éloigner des enjeux centraux.






LFX

 
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samedi 22 novembre 2014

Lutter dans le vide...

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   Bon, je n'ai pas le droit d'en diffuser davantage, parce que ca relève de la propriété intellectuelle blablabla... Mais c'est un cours de fac... ON pourrait s'y tromper et penser que ce n'est que de la pleurniche d'un cas particulier (celui de Madame la professeurE), mais non, voyons c'est un cours, dont l'intitulé bien sûr est "philosophie du genre" - Ca se serait intitulé "jérémiades d'une mal baisée " su été plus clair et précis, m'enfin...
Je vous laisse juger à quelle échelle de pensée se place le féminisme et l'academisime. Il est sûr qu'avec de tels combats d'emancipation, le Capital n'a qu'a bien se garder - trembleezzzz !

"Avant d’en venir à l’analyse du genre, et à l’analyse linguistico-politique de la paire « sexe/genre », revenons rapidement sur l’asymétrie genrée de la langue qui forme nos catégories de pensée. Nous avons en France appris à penser dans une langue qui valorise le masculin et nous habitue à sa prédominance, qu’il s’agisse de majorité numérique, quantitative (le pluriel) ou qualitative, d’importance et de valeur (le général, l’universel). Comparez les féminins et masculins des termes usuels qui concernent les métiers ou les titres de compétence sociale pour vérifier cette hallucinante asymétrie dans laquelle nous vivons. Je cite volontiers les termes d’« entraîneur » et « entraîneuse », de « maître » et de « maîtresse » pour permettre à chacun.e de vérifier à quel point la politique d’asymétrie sexuelle de la grammaire témoigne de processus de subordination et fossilise des situations d’assujettissement : le masculin exerce une domination là où le féminin dénote une disponibilité sexuelle. J’insiste sur ce fait qui correspond à ma situation d’enseignante-chercheuse, ayant été confrontée comme toutes mes collègues lorsque j’ai été nommée maîtresse de conférence à l’université à ce dilemme : fallait-il dire maître de conférence (plus noble) plutôt que « maîtresse », plus embarrassant, vous en conviendrez, mais pourtant vraiment indispensable pour transformer les catégories de la langue, les assouplir, nous les approprier plutôt que d’être incorporées par elles ? Depuis que je suis professeure (avec un e), le problème ne se pose plus mais vérifiez autour de vous combien de mes collègues se drapent plus volontiers dans un « professeur », estimant la légitimation et la généralité de la fonction réfractaire à sa féminisation. Habituons-nous à féminiser, bannissons les masculins de valorisation, les « Madame le directeur » réservant directrice aux activités subalternes de type directrice d’une école maternelle... et parlons d’auteure, d’écrivaine aussi facilement que de musicienne, même si ces termes sont moins courants." (C'est un cours ou une cellule de militance "féministe" ? On s'y perd...)

Ah ces affreuses collègues assujetties à la domination masculine de Merkel, Tatcher et Bettencourt, j'vous jure !
Le problème avec les débats sociétaux c'est qu'ils font oublier les enjeux sociaux, Or, l'un ne va pas sans l'autre, au minimum de ce qui est acceptable... Et surtout, le social peut corriger la sociétal...

dimanche 9 novembre 2014

La destruction de l'amour...




Petite brève, écrite en un jet rapide, qui devait être un statut facebook...  Un simple constat alarmant, qui ne date pas d'hier, mais qui se trouve mis en mot simplement...



Les filles d’aujourd’hui, c’est une généralité et surtout pas un propos universel, fort heureusement - à chacun de cerner la distinction, s’appellent presque toutes Manon, Chloé ou Julie… elles sont étudiantes en sciences molles, pensent que fumer est encore un signe de rupture avec le conformisme (elle ne connaissent pas Berneys, pardonnez-les, pauvre pêcheresses…), elles se créent des masques quelque soit les noms de ceux-là : chirurgie, sur-maquillage ou burqua… A la quête d’une identité qu’elles n’ont pas, qu’elles ne peuvent avoir… elles se veulent et se voient femmes, femmes-enfants, mère, directrice et prostituée à la fois. Difficile de tenir tant de rôles, d’autant plus lorsque l’on croit qu’au moindre lâcher-prise c’est une forme de domination masculine qui s’empare de vous.

  Elles se veulent rebelles et libérées, plus que jamais, elles sont conformistes et aliénées… au marché, à la fausse subversion, à leur libido contrariée et renversée qui prétend s’étendre (notamment sur les réseaux sociaux) et fait croire à ce qu’il n’est pas en réalité… ça demande à baiser, mais ça ne baise pas, parce que c’est trop nobles pour cela…

  les femmes d’aujourd’hui ont la vie difficile, et je le dis le plus sincèrement du monde, une vie de dominé à qui il a été dit qu’il pouvait devenir dominateur - mais si dans la sphère privée c’est arrivé, pour le plus grand mal, dans la sphère sociale, les femmes ne sont plus femmes… des machines, quand ce n’est pas des machins-objets sexuels ou pure marchandises d’entreprises, bureaucrates idolâtres.

  Le constat est triste et difficile, surtout lorsqu’on a 20ans, qu’on est à Science po, qu’on est belle et qu’on pense encore que ce n’est pas par la cuisse qu’on va y arriver.. Et pourtant… 
  Le constat est triste pour les femmes, il l’est aussi pour les hommes, mais surtout pour les relations des uns avec les autres… Jamais nous ne nous étions vraiment compris, mais aujourd’hui, tout est rompu… J’entends : « c’est mal fait… », simplement parce que ce n’est pas fait, ce serait plus simple sinon, mais c’est à nous de le faire… Alors heureusement, comme le propos est général et non universel, certains sauvent leur épingles du jeu. Quel force il faut avoir et quel courage il faut pour être deux et comprendre que ce que l’idéologie dominante appelle conformisme est en fait révolution en ces temps d’inversions de toute valeur…
  A trop chercher l’amour, là où on l’a détruit nous en perdons la liberté, mais à créer un amour sincère, nous la retrouvons...

  J'ai cru connaître, j'ai même connu sans doutes, un temps cet amour, éloignés des fausses subversions, pour être harmonisation et liberté... Mais ça ne devait pas être tout à fait juste, il s'est finalement aussi envolé...


Loïc Chaigneau

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  Article lu :

  





vendredi 31 octobre 2014

Elle fût Reine par sa grandeur...

Reine, seulement deux mois avant sa mort.



(  Texte à part...                                  
Il y a des choses que certains ne peuvent ou ne veulent comprendre, ceux-là je n’ai rien à leur dire c’est leur droit, malheureusement pour eux.
  Ce texte n’a ni pour but de prétendre à une supériorité du chien vis-à-vis de l’homme ou bien l’inverse, ni encore d’établir des comparaisons douteuses. Il est écrit et issu des sentiments et ressentis.
)

   Accueillir un chien dans sa vie, ce n’est pas comme recevoir un frère ou une sœur, ce n’est pas non plus un/e ami(e)e de plus. Non pas que cela ne puisse jamais être aussi fort, mais avoir un chien, c’est l’aimer, du début jusqu’à la fin de cet histoire et relation. C’est l’aimer, presque comme un enfant, un bébé, l’aimer pour ce qu’il est directement sans le besoin d’en savoir davantage. L’aimer parce qu’il vous accueille lui aussi, dans son monde, vous sourit[1], vous fait sourire, joue, vous fait jouer, aime et vous fait aimer. C’est apprécier son être, sans ne chercher aucune fin, mais découvrir le déploiement et le développement de cet être dans votre quotidien – en sachant que jamais il ne vous trahira ou ne vous décevra. Vous êtes tout pour lui et votre devoir et de lui rendre le plus possible ce qu’il vous offre.
  Certains disent des chiens qu’ils ne leur manquent que la parole.  Or, je dirais que c’est justement le fait qu’il n’aient pas cette parole qui leur permettent de nous dire beaucoup et à nous parfois d’en dire trop peu pour eux. Ils nous comprennent toujours, sans que nous les comprenions tout le temps. S’il y a un manque de parole, ce n’est pas un manque de communication – très simple évidemment, aucun discours rapporté, cela va de soi, mais justement, ici, il n’y en a pas besoin. La relation est simplicité, plaisir, sincérité…

  Ma chienne est sans doute l’une des plus belles choses qui soient arrivées dans ma vie. L’amitié la plus longue que je n’ai jamais eu, durant quatorze années, quatorze années seulement, pourtant. Jusqu’à la fin ses yeux brillaient d’avoir su vivre à chaque instant le moment présent, jusqu’à ce que ce présent devienne trop difficile à vivre. Mais, sa fidélité n’aura jamais défailli, malgré les kilomètres et les mois ont pu nous qui nous ont séparer et même si cela avait duré des années, c’est avec la même joie que nous nous serions retrouvé – sans avoir besoin d’autres explications.
  J’ai eu la chance d’accueillir et de recevoir une chienne extraordinaire dans ma vie : Belle, intelligente, joueuse, drôle, tenace, féroce ou protectrice quand il le fallait, fière, câline… Reine avait tout cela.  Je n’ose pas imaginer ce qu’aurait pu être mon enfance et même ma vie sans elle – rien n’aurait été pareil.

   Ces quatorze années ont fait émergé des heures de jeu, de réconfort, de chaleur émotionnelle, de joie, de bien-être, de sincérité, d’amitié, d’amour.
  Elle a su m’aider dans les moments les plus sombres comme les plus clairs. Sa fidélité et son amour uniques et plus sincères que jamais en fait l’être que je vénère le plus au monde.
  Nous avons su nous guider dans la lumière de la vie, et maintenant qu’elle s’est éteinte dans l’ombre de la mort je survivrai pour elle et avec elle, parce qu’elle est là, parce que je la sens et la ressens.
  Du jour où elle est arrivé, je savais que quoi qu’il arrive, jamais je ne serai véritablement seul.

  Elle était belle, elle était grande, elle avait soif de vie, son amour éternel traversera tous les temps, tous les espaces.
Jamais je ne l’oublierai – dans mon cœur, dans mon corps et mes tripes, son souvenir et son être sont gravés.

  Désormais elle repose en paix, sûre j’espère, d’avoir donné de son vivant ce qu’il y avait de meilleur pour elle et ceux qui l’entouraient..

  Elle fût Reine par sa grandeur d'âme.

A Reine... 


[1] « Les chiens ont le sourire dans la queue » comme l’ecrivait V.hugo – chose que toute personne habitué à les côtoyer sait.

Loïc Chaigneau



jeudi 2 octobre 2014

Mes Podcasts de Septembre 2014

Désormais, j'espère pouvoir vous proposer chaque mois un ensemble de podcast - Articles vidéos, traitant des sujets qui m’intéressent et que vous retrouvez au fil de ce blog.

N'oubliez pas de vous abonner à ma chaine.

1 -  De la nécessite de produire une structure révolutionnaire. Où je distingue, la réforme, la révolte et la révolution afin de comprendre quelle type de structure il est nécessaire de créer afin de combattre ce système et d'en sortir.



 2 -  Il n'y a pas de société de consommation. Enrichi par ma lecture de Michel Clouscard et mes rencontres avec Dominique Pagani, je vous livre ici une analyse, hérité de Clouscard, qui va à contre-pied de l'ideologie dominante qui ferait de nous de simple consommateur abrutis...



3 - Il veulent détruire le CNR... Retour sur ce qu'a été le CNR, ce déjà-là révolutionnaire qu'il nous faut sauvegarder et étendre alors même que tout est fait pour qu'il soit détruit.


4 - La gauche, ce n'est pas le socialisme ou l'anarcho-syndicalisme ! Voilà quelque chose que je répète souvent et qu'il me semble important d'intégrer pour se placer le plus justement vis-à-vis du pouvoir. La gauche c'est en fait aux origines le liberalisme et non le socialisme !


5 - Deux vidéos très importantes il me semble, sur les arguments sophistiques très souvent entendus et employés, par les politiques, les médias ou bien même dans des discussions diverses et sur les réseaux sociaux. je vous invite à vous en méfier, en rappelant la posture du philosophe, du sophiste et de l'ignorant face au logos.

6 - Orwell nous prévient : c'est à nous d'empêcher que 1984 ou pire, advienne...

7 - La propriété lucrative n'est que la forme institutionnalisée de l'esclavage moderne...


Bien à vous,  et merci.

Loïc Chaigneau.    02 Octobre 2014

lundi 23 juin 2014

Pourquoi Norman Palma a-t-il échoué ? 23/06/2014 pour l'Affranchi.



– Pourquoi Noman Palma a-t-il (en partie au moins) échoué ? –

  Norman Palma, maitre de conférence à la Sorbonne, économiste et philosophe nous explique que Marx aurait échoué parce qu’il ferait de la valeur la résultante du temps de production d’un produit, alors que les transports et les intermédiaires ajouteraient autant de valeur au prix final.
En guise de première réponse, je citerai simplement Marx lui-même, qui écrit dans la Contributon à une critique de l’économie politique – je fais remarquer au passage que Marx n’a pas théorisé une doctrine économique mais a produit une critique de l’économie politique dans sa prétention à se présenter comme science ; ceci :

Karl MARX – Introduction à la critique de l’économie politique
Introduction : Production, consommation, distribution, échange (Circulation)

1° EXTRAIT(Introduction)
I. Production
a) L’objet de cette étude est tout d’abord la production matérielle. Des individus produi­sant en société – donc une production d’individus socialement déterminée, tel est naturelle­ment le point de départ. Le chasseur et le pêcheur individuels et isolés, par lesquels commen­cent Smith et Ricardo, font partie des plates fictions du XVIII° siècle. Robinsonades qui n’expriment nullement, comme se l’imaginent certains historiens de la civilisation, une simple réaction contre des excès de raffinement et un retour à un état de nature mal compris. De même, le contrat social de Rousseau qui, entre des sujets indépendants par nature, établit des relations et des liens au moyen d’un pacte, ne repose pas davantage sur un tel naturalisme. Ce n’est qu’apparence, apparence d’ordre purement esthétique dans les petites et grandes robinso­nades. Il s’agit, en réalité, d’une anticipation de la « société bourgeoise » qui se préparait depuis le XVI° siècle et qui, au XVIII° marchait à pas de géant vers sa maturité. Dans cette société où règne la libre concurrence, l’individu apparaît détaché des liens naturels, etc., qui font de lui à des époques historiques antérieures un élément d’un conglomérat humain déterminé et délimité. Pour les prophètes du XVIII° siècle, – Smith et Ricardo se situent encore complètement sur leurs positions, – cet individu du XVIII° siècle -  produit, d’une part, de la décomposition des formes de société féodales, d’autre part, des forces de production nouvelles qui se sont développées depuis le XVI° siècle – apparaît comme un idéal qui auraitexisté dans le passé. Ils voient en lui non un aboutissement historique, mais le point de départ de l’histoire, parce qu’ils considèrent cet individu comme quelque chose de naturel, conforme à leur conception de la nature humaine, non comme un produit de l’histoire, mais comme une donnée de la nature. Cette illusion a été jusqu’à maintenant partagée par toute époque nou­velle. Steuart, qui, à plus d’un égard, s’oppose au XVIII° siècle et, en sa qualité d’aristo­crate, se tient davantage sur le terrain historique, a échappé à cette illusion naïve.
Plus on remonte dans le cours de l’histoire, plus l’individu – et par suite l’individu produc­teur, lui aussi, – apparaît dans un état de dépendance, membre d’un ensemble plus grand : cet état se manifeste tout d’abord de façon tout à fait naturelle dans la famille et dans la famille élargie jusqu’à former la tribu; puis dans les différentes formes de communautés, issues de l’opposition et de la fusion des tribus. Ce n’est qu’au XVIII° siècle, dans la « société bourgeoise », que les différentes formes de l’ensemble social se présentent à l’individu com­me un simple moyen de réaliser ses buts particuliers, comme une nécessité extérieure. Mais l’époque qui engendre ce point de vue, celui de l’individu isolé, est précisément celle où les rapports sociaux (revêtant de ce point de vue un caractère général) ont atteint le plus grand développement qu’ils aient connu. L’homme est, au sens le plus littéral,non seule­ment un animal sociable, mais un animal qui ne peut s’isoler que dans la société. La production réalisée en dehors de la société par l’individu isolé – fait exceptionnel qui peut bien arriver à un civilisé transporté par hasard dans un lieu désert et qui possède déjà en puissance les forces propres à la société – est chose aussi absurde que le serait le développe­ment du langage sans la présence d’individus vivant et parlant ensemble. Inutile de s’y arrêter plus longtemps. Il n’y aurait aucune raison d’aborder ce point si cette niaiserie, qui avait un sens et une raison d’être chez les gens du XVIII° siècle, n’avait été réintroduite très sérieuse­ment par Bastiat, Carey, Proudhon etc., en pleine économie politique moderne. Pour Proudhon entre autres, il est naturellement bien commode de faire de la mythologie pour donner une explication historico-philosophique d’un rapport économique dont il ignore l’ori­gine historique : l’idée de ce rapport serait venue un beau jour toute prête à l’esprit d’Adam ou de Prométhée, qui l’ont alors introduite dans le monde, etc… Rien de plus fastidieux et de plus plat que le locus communis [lieu commun] en proie au délire.

ÉTERNISATION DES RAPPORTS DE PRODUCTION HISTORIQUES.
PRODUCTION ET DISTRIBUTION EN GÉNÉRAL. PROPRIÉTÉ.


 La production a ce double caractère : 1º Elle fournit à la consom­ma­tion sa matière, son objet. Une consommation sans objet n’est pas une consommation; à cet égard donc la production crée, produit la consommation. 2º Mais ce n’est pas seulement l’objet que la production procure à la consommation. Elle lui donne aussi son aspect déterminé, son caractère, son fini (finish). Tout comme la consommation donnait la dernière touche au produit en tant que produit, la production le donne à la consommation. D’abord l’objet n’est pas un objet en général, mais un objet déterminé, qui doit être consommé d’une façon déterminée, à laquelle la production elle-même doit servir [6]d’intermédiaire. La faim est la faim, mais la faim qui se satisfait avec de la viande cuite, mangée avec fourchette et couteau, est une autre faim que celle qui avale de la chair crue en se servant des mains, des ongles et des dents. Ce n’est pas seulement l’objet de la consommation, mais aussi le mode de consommation qui est donc produit par la production, et ceci non seulement d’une manière objective, mais aussi subjective. La production crée donc le consommateur. 3º La production ne fournit donc pas seulement un objet matériel au besoin, elle fournit aussi un besoin à l’objet matériel. Quand la consommation se dégage de sa grossièreté primitive et perd son caractère immédiat – et le fait même de s’y attarder serait encore le résultat d’une production restée à un stade de grossièreté primitive -, elle a elle-même, en tant qu’instinct, l’objet pour médiateur. Le besoin qu’elle éprouve de cet objet est créé par la perception de celui-ci. L’objet d’art – comme tout autre produit – crée un public apte à comprendre l’art et à jouir de la beauté. La production ne produit donc pas seulement un objet pour le sujet, mais aussi un sujet pour l’objet. La production produit donc la consommation 1º en lui fournissant la matière; 2º en déterminant le mode de consommation; 3º en faisant naître chez le consom­ma­teur le besoin de produits posés d’abord simplement par elle sous forme d’objets. Elle pro­duit donc l’objet de la consommation, le mode de consommation, l’instinct de la consom­mation. De même la consommation engendre l’aptitude du producteur en le sollicitant sous la forme d’un besoin déterminant le but de la production(…)

Le résultat auquel nous arrivons n’est pas que la production, la distribution, l’échange, la consommation sont identiques, mais qu’ils sont tous des éléments d’une totalité, des différenciations à l’intérieur d’une unité. La production déborde aussi bien son propre cadre dans sa détermination antithétique d’elle-même que les autres moments. C’est à partir d’elle que recommence sans cesse le procès. Il va de soi qu’échange et consommation ne peuvent être ce qui l’emporte. Il en est de même de la distribution en tant que distribution des produits. Mais, en tant que distribution des agents de production, elle est elle-même un moment de la production. Une production déterminée détermine donc une consommation, une distribution, un échange déterminés, elle règle également les rapports réciproques déterminés de ces différents moments. A vrai dire, la production, elle aussi, sous sa forme exclusive, est, de son côté, déterminée par les autres facteurs. Par exemple quand le marché, c’est-à-dire la sphère de l’échange, s’étend, le volume de la production s’accroît et il s’opère en elle une division plus profonde. Une transformation de la distribution entraîne une transformation de la production ; c’est le cas, par exemple, quand il y a concentration du capital, ou répartition différente de la population à la ville et à la campagne, etc. Enfin les besoins inhérents à la consommation déterminent la production. Il y a action réciproque entre les différents moments. C’est le cas pour n’importe quelle totalité organique. «

L’erreur ne vient donc pas de Marx mais de la lecture faite par Norman Palma de Marx.
En effet, contrairement à ce que prétend M.Palma, Marx comprend d’ores et déjà la production comme une totalité dont la fin se trouve dans la consommation. La distribution est comprise dans le temps de production du produit, Marx l’écrit on ne peut plus clairement. Les intermédiaires entre production brute et donc réalisation matérielle du produit et sa consommation sont biens contenus dans la valeur finale.

Si Marx s’appuie sur les travaux de Ricardo ce n’est que pour expliquer le système capitaliste. Marx montre alors, après Aristote, qu’un produit pour être échangé doit avoir une valeur d’échange. Pour que l’échange soit possible il faut mesurer l’utilité des produits et pour cela se référer au temps de production de ceux-ci : « en tant que valeurs toutes les marchandises ne sont que du travail humain cristallisé, nous les ramenons par notre analyse à l’abstraction valeur, mais, avant comme après, elles ne possèdent qu’une seule forme, leur forme naturelle d’objets utiles. Il en est tout autrement dès qu’une marchandise est mise en rapport de valeur avec une autre marchandise. Dès ce moment, son caractère de valeur ressort et s’affirme comme sa propriété inhérente qui détermine sa relation avec l’autre marchandise. » (Le Capital, Livre I, Section I)
Rappelons de nouveau que Marx produit une critique du système capitaliste et de l’économie politique et non pas une autre doctrine économique. L’erreur de Lénine en 1921 ne revient donc pas à Marx mais à Lénine lui-même qui, faute de faire progresser la logique socialiste en pratique, sans doute par manque malheureux de recul, conserve la même théorie de la valeur dans un système qui ne se veut pas capitaliste. Or, « Que produit-on ? Comment? Qui produit? La réponse à ces questions simples, mais décisives, dépend de l’organisation du pouvoir dans la société. C’est pourquoi elles ne seront pas les mêmes dans une société patriarcale, théocratique, féodale, capitaliste, car elles dépendent de ce qui est considéré comme ayant valeur*1 parmi tout ce qui est produit d’utile, et de la façon dont on mesure cette valeur économique* qui doit conforter le pouvoir des dominants. La flotte commerciale bretonne était au XVIe siècle et encore au début du XVIIe plus importante que celle des Provinces-Unies, mais ce sont les Pays-Bas qui ont conquis un empire car Bretons et Néerlandais n’avaient pas la même conception de la valeur économique: aussi est-ce en Bretagne qu’on visite des enclos paroissiaux, et pas chez les iconoclastes bataves. » (B.Friot – L’enjeu du salaire, La Dispute.)

Le combat de Marx en définitive était de sortir de la valeur économique calquée sur le temps de travail. Des années de luttes entre le Capital et le travail l’on d’ailleurs permis – ce qui fait évoluer le marxisme par essence évolutif et non figé car en adéquation avec l’Histoire et les processus historiques et non pas naturalistes ou déistes. Ainsi, l’administration, les retraites et la sécurité sociale sont la preuve de la reconnaissance d’une partie des producteurs en leur qualité de producteur.
Ainsi, dans la convention salariale, qui est un déjà-là instauré par le CNR : « La valeur économique est également mesurée par un travail abstrait, mais ce n’est pas le temps de travail de forces de travail, c’est la qualification* des producteurs*. Que les biens soient marchands* ou non marchands, ce ne sont pas des marchandises: l’économie du temps est remplacée par celle de la qualification, évaluée non pas à l’échelle de l’entreprise, mais à celle de la mutualisation du salaire socialisé par les institutions d’attribution de la qualification, de collecte des cotisations salaire*, de collecte des cotisations économiques*, et de création monétaire. Est travail toute production de valeur d’usage par les salariés*. Les institutions de la convention salariale sont : le droit de qualification universel*, le salaire socialisé dans les cotisations (salaire, économique et sociale*), les institutions de la carrière salariale, les caisses d’investissement, les instances de création Monétaire. » (B.Friot – l’enjeu du salaire)
Marx et les fédérations socialistes et communistes n’ont visiblement pas échoué, bien au contraire… Mais c’est en prétendant à tort le contraire que les luttes sociales dont on ne veut plus entendre parler sont remportées par le Capital.

« La lutte des classes existe, et c’est la mienne (l’hyper-classe) qui est en train de la remporter », Warren Buffet.

Si tout est fait pour que nous occultions ces luttes, d’autres eux, ne les oublient pas…
Loïc Chaigneau pour l’Affranchi.  23/06/2014

samedi 14 juin 2014

De la chute logique du PCF....



chutecommunisteSource de l’image : http://www.jeunes-communistes.org


   Au hasard de mes navigations sur le net, je me retrouve ce soir sur le site des Jeunes Communistes. Ni jeunes, ni communistes par ailleurs. S’aventurer sur ce site permet à quiconque ayant une culture politique et quelques outils d’analyses marxistes de comprendre, ce qui n’a plus rien d’étonnant pour certains, mais qui le reste pour trop de personnes encore, que le PCF n’est plus communiste tout comme le P.S n’a jamais été socialiste… les deux ayant connus à des moments différents une forte dérive social-démocrate les entraînant vers ce déclin que nous connaissons aujourd’hui. Ce qui ne veut pas dire, entendons-nous bien, que le Front National se serait réapproprié l’ancien discours communiste – il se contente juste de surfer sur des thématiques essentielles et malheureusement abandonnées, comme l’a toujours fait le fascisme d’antan, qui n’est cependant plus tellement à craindre aujourd’hui face au nouveau fascisme en place, mais si celui-ci ne survie pas il laissera la place au fascisme archaïque comme cela déjà été le cas dans l’Histoire, contre le socialisme.
Au travers de ce billet très rapide du soir, sans grande prétention argumentative et stylistique, je me propose simplement et à partir du site des Jeunes Communistes, d’expliquer et de faire comprendre ce qui fait qu’un socialiste réel à tendance anarcho-syndicaliste et de formation marxiste comme moi se trouve dans l’impossibilité aujourd’hui de soutenir le PCF, et pire encore, le FDG.
Reprenons dans l’ordre, point par point, je ne vais pas tous les énumérer par manque de temps, mais revenons sur l’essentiel.
Culture et Loisirs.
Le PCF, devenu parti de gauche (je rappelle que la gauche n’a rien à voir et n’a jamais rien eu à voir avec le socialisme et le communisme qui ne sont par ailleurs que des stades différents d’un même processus) s’est rallié à la logique libérale et à sa confusion entre culture et animations sociales. Ainsi, alors que les communistes d’antan voyaient dans la culture une formation politique et une éducation populaire des jeunes (cernés à l’époque comme étant la force vive du pays et non pas des adolescents ou adulescant, pur concept d’une société esclavagiste), le PCF confond, comme ceux qu’il prétend combattre, le sport, la jeunesse adolescente et une culture qui a plus à voir avec le pseudo-art contemporain subventionné par un ministère très Orwellien (La Culture!) qu’avec une formation politique structuré des classes dominés et exploités. Cela se traduit donc par un accès plus important au stade de foot et à la piscine plutôt que par une formation concrète. C’est l’abandon de la jeunesse aux mains du Capital en toute réalité, estampillé « Communiste ».
Travail.
Thème fort du PCF et des socialistes dans leur ensemble, l’histoire de la lutte des classes est celle du rapport de force constant entre le capital et le travail. Pour l’appropriation collective des moyens de production, contre la propriété lucrative. Contre le marché du travail qui fait de nous de simple consommateur, êtres de besoin, niant totalement notre condition de producteur et de créateurs collectifs.
Au lieu de cela, nous avons ici un discours totalement aliéné à l’idéologie libérale. Aliéné tout à la fois dans les idées et le vocabulaire « marché du travail », « plein emploi » etc. Alors que la lutte socialiste est à l’opposée totale de cela et demande la reconnaissance de notre qualification en tant que producteur de valeur économique, indépendant de l’emploi et la suppression des employeurs (et non pas des entrepreneurs). Ici, les jeunes communistes se soumettent entièrement au Capital, sans remettre en cause la propriété lucrative, l’un des fondements principaux du capitalisme.
De plus, la lutte des classes traditionnelle est abandonnée au profit d’un combat pour « l’égalité homme-femme » c’est-à-dire pour la mise en concurrence de l’homme et de la femme, en ne tenant compte que de leur origines sexuelles et sans prendre en compte que dans la sphère politique, tous deux sont être social et leurs intérêts dans le travail et plus encore dans l’emploi vont dans le même sens et non en opposition.
Santé.
Les thématiques abordées à propos de la santé sont tout aussi aliéné à l’idéologie libérale que celles que nous venons d’aborder à propos du travail… L’accent étant mis sur la libération sexuelle et prétendument féminine, en oubliant que la pilule, comme l’ivg ont autant déresponsabilisé et libéré les hommes que les femmes bien plus contraintes par cela et devant faire face à des hommes biens plus volages… Ce n’est pas une mauvaise chose en soi et il ne s’agît pas de déformer le réel ou de promouvoir un retour impossible en arrière mais de comprendre l’ironie des faits et de replacer le discours là où il doit être.
Citoyenneté.
L’abandon total des questions sociales au profit des questions sociétales qui jamais ne touchent au Capital et lui permettent même d’avancer plus rapidement. Il ne s’agît plus de défendre la majorité silencieuse et invisible de producteur (35% d’ouvrier en France aujourd’hui encore) mais uniquement des minorités visibles et sur-médiatisées. La défense des ouvriers, artisans et entrepreneurs est effacés au profit de groupes semi-communautaires sans intérêts commun autre que leurs origines sexuelles ou leurs conditions primaires, ce qui permet de mettre en conflit hommes et femmes, noir et blanc, homos et hétéros, sans que cela n’inquiète le Capital. Or, c’est ensemble que nous devrions mener ces combats, dans l’intérêt qui est le nôtre dans la sphère sociale, sans tenir compte du privé mais plutôt des rapports de classe et de production.
Chose étonnante, un onglet sur l’ « écologie » n’apparait pas sur le site… L’écologie… ou le détournement complet de la question sociale et environnemental au profit de la lutte au nom de la nature. Or, les questions sociales et politiques sont à mêmes de résoudre les problèmes écologiques. Hugo Chavez disait, et je terminerai là-dessus : « Ne changez pas le climat, Changez le système »…

Loïc Chaigneau pour l’Affranchi. 14/06/2014  (source originale)

lundi 26 mai 2014



Source : http://www.laffranchipresse.fr/article/2014/05/26/victoire-americaine-aux-elections-europeennes


fnvictoire

   Une fois encore, la pièce de théâtre a parfaitement bien été jouée. Rien en réalité ne pouvait être plus profitable au système qu’une victoire toute relative du Front National ce 25 mai 2014.
Il nous faut constater d’ores et déjà que la « vague bleu Marine » avec laquelle (dont) médias et politiques nous rebattent les oreilles depuis plusieurs mois n’est tout au plus qu’une petite secousse, si ce n’est en fait une chute progressive de l’ensemble des partis traditionnels.              Certes, il est incontestable que le Front National est arrivé en tête à ces élections. Pour autant, Si nous faisons l’effort de nous intéresser au score final en tenant compte des taux de participation et d’abstention, il est assez aisé de constater que la vague n’emporte plus grand monde avec elle… En effet, en 2012, le FN faisait un score de 18% avec 6 421 426 votes en sa faveur. Or, dimanche, ce sont environ 4 500 000 électeurs qui se sont déplacés pour soutenir le FN, pour un score final de 25% dû à l’abstention significative de 56,84% des inscrits. Ce sont donc près de deux millions d’électeurs alliés au Front en 2012 qui n’ont pas voté pour lui à ces élections européennes. En réalité, la popularité du Front national est en chute constante depuis 2002. Ce qui lui offre cependant sa place de « premier parti de France » actuellement, c’est le fait qu’une part importante de Français daigne vouloir se déplacer pour le FN comme pour l’UMP ou le PS etc.

Outre cela, il est à noter que cette soi-disant poussée du FN n’est que le résultat de des nombreux passages médiatiques auxquels ce parti à eu droit, à commencer par BFM TV qui est presque devenu une tribune libre pour la famille Le Pen, du grand-père à la petite fille, en passant par leurs acolytes, Louis Alliot, Floriant Philippot etc. C’est là l’un des paradoxes actuels les plus frappant, alors même qu’une majorité de la population ne croit plus dans les médias mainstream, celle-ci continue d’aller voter pour les personnes ou parti les plus représentés.              Ce résultat n’est donc en rien étonnant. Au contraire, ce résultat est le parfait accomplissement du mécanisme d’asservissement électoral utilisé depuis trente ans maintenant. Il est bon, pour le parti Unique, de faire monter de temps à autre le FN, diable de la scène politique, afin justement de pouvoir renforcer l’électorat autour de lui. Ces élections européennes, dont la plupart des partis se moquent éperdument (il suffit pour le constater de voir le peu d’actions militantes réalisées sur le terrain par les grands partis pour s’en apercevoir) était l’occasion parfaite de promouvoir le FN, donnant en plus l’illusion démocratique, avant de reprendre le contrôle lors des élections régionales et présidentielles. Comment ? Toujours par le même mécanisme qui s’exerce depuis la présidence de Mitterrand : en faisant monter d’abord le FN pour ensuite appeler à se réunir autour du parti Unique contre l’affreux de la République. Dans cette pièce, le FN connaît et joue parfaitement bien son rôle et saura comment se mettre en retrait lors des prochaines élections, ne serait-ce qu’en ayant recours aux phrases assassines et racistes de Jean-Marie Le Pen ou bien en allant valser auprès de groupuscules ou partis nazis, entre autres. Comme je l’explique dans mon livre, le Nouveau fascisme, le FN est le Goldstein parfait de ce système, qui lui permet de perdurer. C’est un faux-ennemi, en fait parfait allié.
Qu’adviendra-t-il en plus de tout cela lorsque les citoyens ayant votés pour le FN s’apercevront, sans doute, qu’hormis le fait de s’enrichir et de déclamer de longues tirades sur les pédophiles au Parlement, celui-ci ne changera rien ? Il suffit pour s’en convaincre de lire la profession de foi du Front National où il n’est ni question de sortir de l’U.E, ni de l’euro. Il est simplement question une fois encore d’  « Une autre Europe ». L’une des premières déclarations de Mme Le Pen hier au soir ayant été que « l’Europe ne peut plus se construire sans la volonté des peuples »…                                                                                                                                                                                                                                      Mais l’instrumentalisation perverse des électeurs va sans doute bien au-delà. Lors de cette campagne, les articles ayant mis en avant les différents partis soi-disant « eurosceptiques » au travers de l’Europe ont été nombreux ainsi que les sondages et statistiques qui se voulaient inquiétants face à l’attitude critique des populations envers l’UE.
Tout ceci peut donc laisser penser que l’essentiel va maintenant se jouer lors des élections régionales et présidentielles afin de mettre véritablement en place les Euro-Régions tout en détruisant les Etats-Nations et en déstructurant l’UE telle qu’elle est aujourd’hui. Ainsi, il ne sera plus question d’une construction européenne forcée alliant des peuples divers, mais il s’agira de la mise en place réelle des Etats-Unis d’Europe, unis à ceux d’Amérique par le grand marché transatlantique, le marché venant à bout des frontières et structures originelles. Le pseudo-euroscepticisme sera la clé de voute vers une Europe disloquée. Tout ceci impulsé par les forces anglo-saxonnes.
 L’avenir nous le dira…

Loïc Chaigneau pour l’Affranchi.   26/05/2014

La politesse – #2 Le Concept de Philo. Article pour L'Affranchi Journal.

Source : http://www.laffranchipresse.fr/education-populaire/2014/05/24/la-politesse-2-le-concept-de-philo




lapolitesse
Rubrique mensuelle d’éducation populaire : le Concept de Philo. Article du mois de mai 2014

   Nous sommes tous des hommes politiques. Quand je dis hommes politiques, c’est bien au sens où l’entendait Aristote lorsqu’il écrivit que « l’homme est par nature un animal politique ». Plus tard, avec les théories du contrat et la Révolution française, certains distingueront l’homo politicus ou citoyen de l’homme tel qu’il a pu être à l’état de nature, avant toute société ou tout contrat. Néanmoins, nous pouvons convenir aujourd’hui, et peut-être plus que jamais grâce notamment à internet, que nous sommes tous des hommes politiques, tout comme la politique nous appartient à tous et non pas uniquement aux professionnels de la politique, trop souvent appelé à tort « hommes politiques ».
Dès lors, en tant qu’être social, vivant en société, nous sommes sans cesse confrontés aux autres – à la famille, aux amis, aux collègues, mais aussi à une multitude d’inconnus avec lesquels nous nous devons de vivre sans quoi il y aura une guerre civile permanente. Or, vivre avec ses semblables n’est pas chose si évidente et les problèmes que cela engendre ne sont pas méconnus : promiscuité, tensions, irritabilité etc. De nos jours et dans les villes, qui concentrent à elles seules plus de cinquante pour cent de la population mondiale, la promiscuité est de plus en plus présente dans les lieux de vie les plus communs comme les transports où les cinémas. Nous constatons alors qu’il est difficile pour l’Homme, de fait Homme politique, de côtoyer ses semblables en paix. D’un côté, il nous est impossible de vivre seul, sans semblables et dans le même temps les rapprochements trop important nous conduisent à des états de nervosités et parfois même d’agressivité. Si cette « insociable sociabilité » caractéristique de l’Homme dont parlait Kant peut conduire parfois à l’art et au génie, il n’en demeure pas moins que le plus souvent elle est l’occasion de conflits vains.
Pourtant, si nous constatons, en France notamment et dans d’autres pays occidentaux cette tendance à ne plus supporter l’autre en y opposant un « Moi » qui aurait tous les droits – chaque sortie en ville peut nous le faire constater, il n’en va pas de même dans l’ensemble des pays du monde. Je pense notamment ici au Japon, règne de la promiscuité mais règne aussi du respect. Le « Moi » tout-puissant ou presque d’une culture individualiste et marchande a fini par chez nous de détruire le chouïa de respect, d’éthique et surtout d’humanité propre qui pouvaient rester. Le plus malheureux étant peut-être que cette culture du « Moi » qui revendique une estime de lui-même plus haute que jamais s’avère en fait être une estime bien négative et non positive. En effet, après plusieurs études et recherches, il a été constaté que l’estime de soi peut prendre deux versants, l’un positif, c’est lorsque nous avons confiance en nous-mêmes et que nous sommes en mesure d’accomplir nos projets et prêt dans le même temps à s’ouvrir aux autres et à avoir des relations harmonieuses, l’autre, beaucoup plus négatif, lorsque l’on s’affirme uniquement en opposition par rapport aux autres et par dévalorisation de l’autre. C’est ce deuxième pan de l’estime de soi qui semble malheureusement dominer aujourd’hui.

Et si alors, plutôt que d’attaquer sans vergogne aucune notre semblable, nous trouvions un juste milieu, semble-t-il trop oublié aujourd’hui, qui nous permettrait de vivre en paix ? Et si cette réponse, toute idiote allez-vous me dire, s’appelait la politesse ? En effet, celle-ci n’est plus transmise aux enfants par les parents, l’enfant-roi en étant la plus grande manifestation, plus non plus par les professeurs trop occupés à théorisés sur le genre et cela aboutit à une pure insociabilité pure et simple… Loin de moi alors l’idée de remettre sur le devant de la scène le maître à la baguette et le père plus qu’autoritaire, j’aimerais simplement rappeler que la politesse est ce juste milieu qui nous permet de vivre ensemble sans avoir à parler sans cesse de « vivre ensemble » au sens où il faudrait nous y forcer dans des conditions exécrables. Trop de politesse, tue et assassine la politesse, mais pas assez c’est la société et les hommes, de fait politiques, que cela abat !

Pour mieux comprendre l’importance que revêt la politesse, branche de l’éthique, je cède mes mots à Schopenhauer qui décrivit bien mieux que moi dans Parerga et Paralipomena , tout l’enjeu de la politesse par le recours à une métaphore qui vous restera sans doutes en tête :

« Par une froide journée d’hiver un troupeau de porcs-épics s’était mis en groupe serré pour se garantir mutuellement contre la gelée par leur propre chaleur. Mais tout aussitôt ils ressentirent les atteintes de leurs piquants, ce qui les fit s’écarter les uns des autres. Quand le besoin de se réchauffer les eut rapprochés de nouveau, le même inconvénient se renouvela, de sorte qu’ils étaient ballottés de çà et de là entre les deux maux jusqu’à ce qu’ils eussent fini par trouver une distance moyenne qui leur rendît la situation supportable. Ainsi, le besoin de société, né du vide et de la monotonie de leur vie intérieure, pousse les hommes les uns vers les autres ; mais leurs nombreuses manières d’être antipathiques et leurs insupportables défauts les dispersent de nouveau.  La distance moyenne qu’ils finissent par découvrir et à laquelle la vie en commun devient possible, c’est la politesse et les belles manières. En Angleterre on crie à celui qui ne se tient pas à cette distance : Keep your distance ! Par ce moyen le besoin de se réchauffer n’est, à la vérité, satisfait qu’à moitié, mais, en revanche, on ne ressent pas la blessure des piquants. Cependant celui qui possède assez de chaleur intérieure propre préfère rester en dehors de la société pour ne pas éprouver de désagréments, ni en causer. »


Loïc Chaigneau pour l’Affranchi.

jeudi 24 avril 2014

La société de consommation n'existe pas ! #Article L'Affranchi - Journal !#

Le concept de Philo - Catégorie : éducation populaire
 #1 - Il n'y a pas de société de consommation. 

le-concept-de-philo
 Société de Consommation – Abondance – Surproduction – Permaculture.

Surproduction et société de consommation.

Il n’y a pas de société de consommation. Il n’y a qu’un système qui pousse à la consommation abusive et inutile en faisant croire à l’abondance. Or, une véritable société de consommation ne serait pas une société de surproduction dans laquelle certains produisent et d’autres consomment ce que les autres ont produit, mais une société de l’abondance réelle, où chacun pourrait consommer à sa guise ce qu’il a produit. Cela, sans avoir à travailler des heures pour obtenir l’objet crée des centaines de fois pour d’autres que soi, qui eux ne l’ont jamais produit. Double aliénation, pour le producteur qui ne peut jouir du bien qu’il produit, pour le consommateur qui jouit d’un bien dont il n’est pas à l’origine. La dite « société de consommation » alors, pousse à l’avoir, seulement, pour cela il faut travailler et enchaîner les heures dans l’espoir d’acquérir ce bien « sacralisé par le fait même d’être produit ». En somme, comme le résumait parfaitement et très habilement Clouscard à qui je dois cette analyse (1), dans la dite « société de consommation », « tout est permis mais rien n’est possible ». C’est là la marque même du néocapitalisme. Une véritable société de consommation lutterait contre une surproduction propre aux crises capitalistes, pour l’émancipation du travailleur qui créerait davantage une société de l’être plutôt qu’une société de l’avoir du fait de l’abondance réelle.
En effet, la dite « société de consommation » actuelle n’offre pas l’abondance à chacun. Au contraire, elle crée des écarts sociaux toujours plus importants, permettant seulement à certaines classes de consommer certains produits, même alimentaires. Ce système nous fait croire que c’est par la surproduction que nous arriverons à l’abondance parce qu’à force de produire tel ou tel objet il devrait y en avoir pour tout le monde. Or, il faudrait pour cela que celui qui produit soit aussi celui qui consomme, ce qui est en partie vrai et ce qui explique que le système soit permissif avec le consommateur, qui doit toujours consommer et acheter davantage, mais répressif avec le producteur, qui doit toujours travailler plus et gagner moins, alors que pour une certaine catégorie de produits, le producteur et le consommateur sont les mêmes. Mais cela n’est malheureusement vrai que pour une partie de la production, qui tend de plus en plus à se réduire, le producteur n’ayant plus les moyens de consommer sa production et les consommateurs de cette production étant peu nombreux – c’est ce qui conduit aux crises de surproduction du capitalisme.
Promouvoir une réelle société de consommation où tout le monde pourrait consommer en fonction de ses besoins, c’est promouvoir le socialisme réel où il n’y aurait pas certaines classes qui consomment mais bien l’ensemble de la société et des Hommes qui consomment ce dont ils ont besoin. C’est d’ailleurs ce passage vers une réelle société de consommation qui permettra l’abondance qui est à l’origine de l’abolition des peurs, de la rareté et de la raréfaction et qui dans le même temps offre les possibilités d’une société tournée davantage vers l’être et non plus vers l’avoir, car les personnes et non les individus, se reconnaîtraient dans ce qu’il y a de premier et d’essentiel, à savoir l’être, et non dans la possession et l’avoir. L’abondance ne pousse donc pas à l’avoir mais permet de se recentrer sur l’essentiel. C’est d’ailleurs ce pourquoi les sociétés primaires et notamment amérindiennes vivaient dans une pleine société de l’être et non de l’avoir du fait d’une économie d’abondance (2).
Poussons plus loin la réflexion critique de Clouscard en tentant alors d’y apporter une solution. La dite « société de consommation » actuelle n’en est pas une et s’acharner à combattre la « société de consommation » comme le font bon nombre de demi-mondain, c’est être l’idiot utile parfait du capitalisme. Néanmoins, est-il possible de parvenir à cette société d’abondance, recentrée sur l’être ? Il semblerait que oui, cette solution s’appelle « permaculture » et permet une économie fondée sur les ressources. Ce n’est pas une économie qui puise les ressources mais qui se fonde alors sur celles déjà présentes en régénérant les sols et en recréant un écosystème viable dans le respect tout à la fois de l’environnement et des hommes. Cessons alors de condamner ce qui n’est en rien une société de consommation mais bien plus une société d’exploitation et d’aliénation. La critique ayant été faite, place désormais à la construction.
(1) Cf. Les métamorphoses de la lutte des classes, thèse 2- Michel Clouscard.
(2) Cf. Âge de pierre, âge d’abondance. Economie des sociétés primitives – Marshall Sahlins.


A Michel Clouscard, Dominique Pagani et Marc Boucher.

 Loïc Chaigneau pour l’Affranchi – Journal © 2014

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