jeudi 15 janvier 2015

La guerre civile qui vient (pour l'Affranchi)

La guerre civile qui vient ? Manet.Guerre_civile

   « Le Capital amènera la guerre civile chez les pauvres ». Je n’ai eu de cesse ces derniers mois de rappeler cette phrase de Michel Clouscard. Et pour cause, elle décrit de la manière la plus synthétique qui soit l’actualité à laquelle nous devons ou allons devoir faire face. En effet, nous constatons que la guerre civile idéologique est déjà en place et elle n’est que le premier pas vers une guerre horizontale véritable qui pourrait se présenter si nous n’y prenons pas garde.

I – De quel grand remplacement parlons- nous ?
 Après les attentats du Charlie Hebdo du 07 Janvier 2015, la théorie dite du « grand remplacement », introduite par Renaud Camus et véhiculée entre autre par Eric Zemmour[1] et l’ensemble de la droite réactionnaire, semble a priori plus que jamais d’actualité. Cette théorie tend à montrer que l’immigration massive conduit inévitablement à un grand remplacement de population et à une islamisation conséquente de la France, qui serait « détournée d’elle-même ». En résumé, de plus en plus d’immigration d’origine africaine conduirait à terme à détruire la France et « ses racines européennes ». Cette théorie qui analyse peu les origines historiques d’un tel processus, puisqu’elle est soutenue par des théoriciens schizophrènes qui ne peuvent lutter contre le capitalisme qu’ils défendent (le « capitalisme à papa », mort depuis 50ans bientôt pourtant) sans comprendre que cette logique d’immigration sert dans le même temps les intérêts du Capital, contre l’ensemble des classes populaires, issues ou non de l’immigration. C’est une analyse classique qui tend à mettre en avant les rapports et luttes ethniques plutôt que de s’intéresser aux causes économiques et sociales. Maurice Bardeche, précurseur de cette théorie écrivait d’ailleurs en 1960 : « La race blanche ne luttera plus pour sa prédominance économique ou politique, elle luttera pour sa survie biologique. […] Demain, ce ne sont plus les prolétaires et les capitalistes qui se disputeront les richesses du monde, ce sont les Blancs, prolétaires et capitalistes unis, qui auront à se défendre, eux, race minoritaire, contre l’invasion planétaire ».
  Or, en réalité, le Capital se moque des identités, couleur de peau ou religion. De fait, « quand il s’agît d’argent, tout le monde est de la même religion » disait Voltaire – prémisse de la doctrine libérale axiologiquement neutre qui prétend évacuer toute question éthique et sociale en plaçant l’argent au centre des relations. Le Capital préfèrera toujours négocier avec un riche industriel africain qu’avec un prolétaire français. La lecture de Bardèche est donc une lecture faussée qui ne tient pas compte de la réalité historique et des processus capitalistes.
En effet, Marx le premier a très bien montré quel était l’intérêt du Capital dans l’immigration. (Cf. immigration en Irlande – Le Capital). Plus tard, lors des « trente honteuses », c’est aussi le Capital qui a eu recours à l’immigration de masse. Il y trouve en effet deux intérêts principaux que je vais tenter d’exposer ici :
- L’immigration est un outil de dumping social qui permet une mise en concurrence des travailleurs, peu importe leur origine. Elle permet donc d’offrir une main d’œuvre à bas coût et ainsi de faire pression sur les salaires afin d’augmenter le taux de profit pour l’entreprise au détriment des salariés. Le Capital, dont l’objectif principal est l’accumulation et le maintien du pouvoir a donc tout intérêt à organiser cette immigration. Aussi, en mettant les travailleurs en concurrence, il ouvre déjà les portes d’une guerre horizontale : celle des travailleurs les uns contre les autres, plutôt qu’une lutte verticale. Ainsi, tout est mis en place pour que le prolétaire français voit dans l’étranger ou chez le français d’origine immigrée un accapareur.
 – Le second intérêt, bien plus subtil mais fondamental a consisté à remplacer les banlieues dites « rouges » par des banlieues composées de populations d’origines immigrées. Dans le même temps, le P.C.F a renoncé au combat qui était le sien, préférant se rallier à la fois à la social-démocratie et à la lutte en faveur du Marginal foucaldien (Le fou, La femme, Le noir, L’arabe… – sans tenir compte de leurs intérêts communs. Renouveau de la guerre de tous contre tous, dans les intérêts du Capital).
C’est en fait, pour réaliser un détour par la culture populaire, le passage de la Chanson de Goldman il changeait la vie, à Je te donne : exaltation des différences, dans les seuls intérêts véritables d’une homogénéisation de la population soumise à la marchandise, luttant contre ses intérêts propres.
C’est là une clé de compréhension essentielle qu’il nous faut garder en perspective car ce que cela a permis c’est un changement de culture, de logiciel intellectuel et de représentation.   Les outils d’analyse critique de l’économie politique qui étaient autrefois transmis par un parti communiste dans les banlieues ouvrières aux prolétaires qui s’en imprégnaient, ont été détruits au profit d’une lutte qui nous est vendue comme lutte ethnique alors qu’elle est en fait lutte de classe. La guerre horizontale, des pauvres contre les pauvres, plutôt que la lutte verticale des prolétaires -en tant que classe sociale en opposition face à la classe capitaliste. Lutte ethnique plutôt que lutte de classe.
De la même manière, la délocalisation massive d’usines en Asie et principalement en Chine permet au Capital d’écraser l’élan communard en s’exportant vers un continent où la critique de l’économie politique n’a pas été produite et où elle n’a surtout pas pu être intégrée et digérée. Ainsi, toute révolution est écrasée à la source.
Si grand remplacement il y a, alors ce n’est pas le fait d’un islamisme radical organisé, mais c’est une conséquence logique de l’immanence capitalistique – c’est-à-dire le fruit des processus qu’engendre le capitalisme. Les théoriciens du grand remplacement déplorent donc les effets dont ils chérissent les causes, pour paraphraser Bossuet.

II – De l’utilité de la guerre ethnique.
Lothrop Stoddard , fondateur du concept de sous-homme et eugéniste, qui proposa une classification hiérarchique des races humaines à l’intérieur de laquelle il incluait en dernière instance les « socialistes blancs occidentaux » , avouait déjà sans véritablement s’en rendre compte que dans son idéologie ce n’était pas tant la couleur qui était déterminante, mais les rapports de classe. De la même manière, il n’est pas rare aujourd’hui d’entendre des diatribes identitaires de personnages qui finalement n’hésitent pas à faire alliance avec des éthnies différentes selon leur origine de classe ou leur idéologie commune. Leur pratique invalide leur théorie. D’autres, à la manière de Stoddard, nous expliquent encore que la violence des immigrés de banlieues (toute relative soit elle) proviendrait de leur frustration sexuelle dû à leur pauvreté économique et sociale, avant de conclure, sans s’être aperçu de leur analyse préalable, que tout cela vient en fait soit de leur race, de leur ethnie ou leur religion.
Nous voyons d’ores et déjà l’escroquerie que constituent alors ces thèses qui s’invalident elles-mêmes et se contredisent. Leur pensée, si tant est qu’il y en ait seulement une, s’annule en même temps qu’elle se produit, du fait des compromissions qu’ils sont prêt à faire pour que l’ensemble de leur représentation du monde cadre dans leur idéologie.
 En réalité, ces thèses constituent un fabuleux outil de diversion intellectuelle et politique. En effet, il n’est pas besoin ici de dresser le constat plus qu’affligeant et unanimement perçu aujourd’hui des politiques menées en France, mais aussi en Europe et qui conduisent à une paupérisation constante de la majorité des peuples, tandis que la classe capitaliste ne cesse de s’enrichir.
Le capitalisme vit actuellement sa crise la plus profonde. Une crise tout à la fois économique et politique mais aussi une crise du sens, qui conduit à une perte de repères. Tout l’entraîne au regard des processus historiques logiques que Marx a très bien décrit, vers sa chute à court terme sur l’échelle historique. A l’heure où le capitalisme est prêt à s’effondrer et où il nous faudrait saisir cet instant pour le renverser et le dépasser, son unique moyen de survie est la guerre. Ce fût déjà le cas lors de la crise de 29, bien que le capitalisme n’était pas à un stade si avancé et donc moins proche de sa fin. Le grand Capital n’hésita pas à avoir recours au fascisme et à la guerre pour organiser un conflit identitaire et horizontal. Cette mise en route de la guerre s’est inscrit sur un temps long et progressif qui débuta lui aussi par une guerre civile idéologique et une propagande massive. Néanmoins, c’est ce temps long qui peut aussi nous faire garder espoir aujourd’hui si nous sommes à même de déjouer le spièges qui nous sont tendus.
 Dans le même temps, aujourd’hui, nous assistons à un assassinat en règle de la philosophie et des sciences sociales qui, lorsqu’elles ne sont tout simplement pas exclues de la sphère politique et remplacées par un vide que la télévision, entre autres, vient combler, avancent toujours dans l’ombre de la grande « déconstruction » menée par les dit philosophes de la « French Theory ». Ces derniers n’ont eut de cesse en effet de déconstruire les esprits pour y faire régner un véritable chaos allant d’Althusser qui vida le marxisme de son essence et de l’hégélianisme à Judith Butler, principale théoriciene du genre, en passant par Michel Foucault dont nous avons déjà parlé plus tôt et d’autres encore qui n’ont vu de producteur que le désir.
Un corps social en décomposition. Des esprits vides. Un PCF abattu et traître. Une mise en avant à gauche des « déconstructeurs », à droite de la mouvance réactionnaire et pétainiste.
A tout cela, il ne manquait plus que d’introduire un bouc-émissaire, décrit comme « ennemi de l’intérieur », seul rempart pour une unification potentielle de ce qui reste de la Nation. La lutte ethnique vole donc au secours du Capital, incitant la guerre civile idéologique puis armée dans les couches moyennes et populaires.


III – Le djihad unificateur…
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Puisqu’il est nécessaire de le rappeler, je m’empresse de dire avant de poursuivre mon propos que je condamne, sans aucune réserve, les attentas du Charlie Hebdo qui ont eu lieu en Janvier 2015. Ceci étant dit, outre l’émotion, venons-en aux faits.
Pour cela, il nous faut d’abord nous rappeler d’un temps où l’Occident et principalement les Etats-Unis avait tout intérêt à s’allier avec les moudjahidins, ces combattants du djihad. Ce temps, était celui de la Guerre Froide et des années 70. C’était celui où Ben Laden posait aux côtés de Zbigniew Brzezinski[2].
C’est pourquoi, Hillary Clinton a justement rappelé devant le Congrès en Janvier 2013: «Souvenons-nous que les gens contre qui nous nous battons aujourd’hui, nous les avons créés il y a 20 ans. » Et d’ajouter : « Nous l’avons fait pour faire face aux Soviétiques qui avaient envahi l’Afghanistan de peur qu’ils ne dominent l’Asie centrale. A l’époque, on disait que ce n’était pas un mauvais investissement puisqu’on en avait fini avec l’Union soviétique. Mais soyons prudents avec ce qu’on a semé parce que nous allons le récolter. […] Nous avons dit aux militaires pakistanais, débrouillez-vous avec les missiles (sol-air) Stringer qu’on a laissés un peu partout dans votre pays et les mines disséminées tout au long de la frontière. Nous avons donc arrêté et traitéavec l’armée pakistanaise et l’ISIS . Et nous devons maintenant compenser tout ce temps perdu ».
Depuis, cela a continué et l’Occident n’a eu de cesse de financier les islamistes radicaux afin non plus de lutter contre l’URSS, mais de déstabiliser le Moyen-Orient. Ainsi, les régimes laïcs et autrefois amis de Kadhafi ou Saddam, aujourd’hui d’Al Assad, ont été ou sont en phase d’être renversés. Lorsque le djihad agît en Afrique et au Moyen-Orient dans les intérêts de l’Occident, les médias mainstream les nomment « rebelles », lorsqu’il agit sur les territoires Occidentaux, ils les nomment « terroristes ». Comprenez bien que ce sont les mêmes. Comme l’avait très bien dit Hillary Clinton, les États Occidentaux ne récoltent donc aujourd’hui que ce qu’ils ont semé.

Les analyses qui tendent à démentir le fait que ces attentats aient été perpétués sous faux drapeaux et sans lien avec l’islamisme radical me semblent alors erroné. La question qui peut en revanche être recevable est celle de savoir si le gouvernement français, prévenu par les services secret algériens, deux jours avant, n’étaient pas en mesure de stopper cet attentat, et si oui, quels sont alors ses intérêts ? Nous entrons ici dans la spéculation la plus totale, qui revêt une part de légitimité du fait des incohérences que nous pouvons constater, mais je m’emploierai ici à éviter toute spéculation abusive qui est un non-sens et va à l’encontre du travail journalistique. Il me semble bien plus évident en effet, et même utile, que ces attentats ont été perpétrés par des membres du djihad ou d’une filière similaire.
Ce qu’il est important de comprendre, c’est que s’ils ont pu le faire et s’ils ont eu les moyens techniques et logistique, c’est parce que nos gouvernements Occidentaux leur en ont donné les moyens en les finançant et en les armant dans leur guerre contre la Syrie aujourd’hui et avant en Lybie, en Iran ou même au Mali.

Nous constatons donc deux choses :
         -Le terrorisme que nous condamnons unanimement aujourd’hui est le fruit d’une longue construction occidentale. D’ailleurs, Dominique De Villepin, n’a pas manqué de le rappeler la semaine dernière au micro de Jean-Jacques Bourdin[3]. L’Etat est donc directement impliqué dans ces attentats.
         – Ces attentats auraient peut-être pu être empêché ou non. Dans un cas comme dans l’autre, nous constatons qu’il y a un vif intérêt pour l’Occident : celui d’agir au moyen du choc sur les peurs, en renforçant les lois liberticides et de créer une union factice, tournée vers un ennemi commun : le bouc-émissaire – dernière possibilité d’union avant l’éclatement.

Au moment où j’écris ce texte, les récents sondages annoncent que la côte de popularité de François Hollande serait remontée à 25%. Vive Charlie ! Néanmoins, ces sondages, même s’ils ne reflètent pas la réalité permettent de la créer, nous le savons. Comme disait Coluche : «  les sondages c’est pour que les gens sachent ce qu’ils doivent penser ».
Cette union sacrée factice alors, comme toujours lorsqu’il y a union sacrée, est le résultat d’un triangle entre l’élite politique, la population et le bouc-émissaire (ennemi de l’intérieur ou de l’extérieur : l’Allemand, le juif, l’arabe, le musulman…).

Aussi, plus que jamais il nous est nécessaire de comprendre la mascarade à laquelle nous assistons si nous voulons échapper aux conflits de demain. A l’heure où il nous serait possible de lutter pour nos intérêts, dans une lutte verticale, au-delà des querelles identitaires, tout nous conduit à la guerre civile. Cette guerre, c’est celle qui, comme les précédentes, ne servira que les intérêts de la classe capitaliste.
Alors, je suis prêt à lutter pour nos intérêts, mais si la seule occasion de voir surgir la lutte armée est celle qui consiste à me contraindre à prendre les armes contre l’ami, l’autre, ce même, qui m’a été désigné comme ennemi parce qu’un peu trop ceci ou cela, me détournant des causes réelles du mal-être que nous vivons, je m’y refuse.
« Ils la veulent tous cette guerre … La haine n’entrera pas dans mon cœur… Je me trouve seul, exclu de cette communion sanglante » Romain Rolland, 1914.

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[1]          Certains diront d’Eric Zemmour, contre qui je n’ai rien en tant qu’homme, qu’il ne souhaite pas la guerre civile mais qu’il en fait lui aussi le constat. Or, sans doutes qu’à titre personnel cela ne sert pas forcement ses intérêts mais ses analyses servent la mise en place d’une guerre civile d’abord idéologique… la guerre civile idéologique n’étant pas la guerre des idées, qui ne serait qu’une dispute au sens noble, mais bien l’instrumentalisation des idées qui conduit à la guerre.
[2] Artisan majeur de la politique internationale des USA. Conseiller de nombreux présidents américain et auteur du livre, le Grand échiquier.
[3]          https://www.facebook.com/video.php?v=10204565178221852&set=vb.1005711725&type=2&theater

Loïc Chaigneau, pour l’Affranchi.
©2015 - tous droits réservés.

lundi 12 janvier 2015

Propos Tournés : projets de courts métrages.




Bonjour à tous,


  J'ai décidé d'essayer quelque chose que je n'avais pas touché jusqu'ici, quelque chose qui s'approche un peu des courts métrages.

  Si cela vous intéresse, tout se passe ici : http://propostournes.blogspot.fr/


  Aperçu premier article :

"  "Ça a débuté comme ça." Je ne saurais trop vous dire comment. Peut-être davantage pourquoi. Commençons donc par là alors. "Propos Tournés". Trouver un nom, un concept qui réduit à l'unité la pluralité originel, surtout quand il s'agît d'art, ce n'est jamais simple. En plus, contrairement à la philosophie, il faut ici que ça ait un petit côté marketing. C'est franchement loupé je crois, et puis tant pis.  Donc, "propos tournés", quelque part, ça signifie simplement, des images, des mots, des propos, des expressions, un court tournage, une mise en scène... tout cela dans un lieu resserré, en petit comité si ce n'est seul, avec une seule caméra ( Canon légria HF G25 - pour ceux qui aiment la technique).

  Longtemps, à l'opposé de Proust, je me suis couché tard. Sans doutes que comme Céline alors, avec bien moins de génie et même aucun génie," si j'avais bien dormi toujours, j'aurais jamais écrit une ligne". Mais voilà,  je n'ai pas toujours bien dormi et surtout j'y ai pris goût. j'aime la nuit, je vis avec elle. Ce n'est pas tant le fait d'avoir un sommeil fragile ou difficile, tout dépend des périodes et des événements extérieur. Mais il est vrai que ça bien contribué au départ. Toujours pour une femme. D'abord, celle qu'on prend en chasse, dont on a le soucis de la séduire et qui nous fait veiller tard. Puis, celle qui vous délaisse seul au fond d'un lit où vous ne savez quoi faire alors que votre cerveau s'empresse de vous faire parvenir images, sons, idées, rapports et conception.

  Alors, parce que je m'égare, mais j'en profite parce que ça aussi on ne peut pas se le permettre dans les écrits théoriques si l'on tient à une certaine rigueur - sinon on fait de la nouvelle non-philosophie. Alors, disais-je, revenons à nous moutons comme ce cher Patelin. Après un peu plus de sept années de théâtre, j'ai du laisser cela de côté un temps, trop occupé par mes nombreuses activités. Mais la nécessité absolue de renouer tant avec les belles lettres jamais abandonnée, qu'avec cet art de la scène s'impose de plus en plus et avec lui, une envie nouvelle, qui a surgît un peu plus tard, celle de la réalisation filmique associée à l’écriture... tout cela sans formation en revanche...

  Sans connaissance particulière dans le domaine en dehors de ce que j'ai pu voir et revoir, lire et relire, en dehors de ce qui m'inspire et me porte, je décide aujourd'hui de lancer propos tournés, en videaste très amateur mais soucieux d'arriver, avec peu de moyens, à des fins appréciables.

  Ici alors, vous trouverez des creations et des adaptations libres. Des mots, mis sur des images, des images mis sur des sentiments, des sensations, ces sensations reflétées par des notes... en espérant que l'aventure soit belle, le temps qu'elle durera.

  Il n'y a pas d'autres buts pour moi aujourd'hui que de vivre cette expérience qui m'attire et de la vous faire partager.  je remercie ceux qui me suivront, même s'ils sont peu, tant qu'ils me font progresser."

Suite ==>> http://propostournes.blogspot.fr/

dimanche 11 janvier 2015

Mallarmé - L'action

I. — l’Action

Plusieurs fois vint un Camarade, le même, cet autre, me confier le besoin d’agir : que visait-il — comme la démarche à mon endroit annonça de sa part aussi, à lui, jeune, l’occupation de créer, qui paraît suprême et réussir avec des mots ; j’insiste, qu’entendait-il expressément ?

Se détendre les poings, en rupture de songe sédentaire, pour un trépignant vis-à-vis avec l’idée, ainsi qu’une envie prend ou bouger : mais la génération semble peu agitée, outre le désintéressement politique, du souci d’extravaguer du corps. Excepté la monotonie, certes, d’enrouler, entre les jarrets, sur la chaussée, selon l’instrument en faveur, la fiction d’un éblouissant rail continu.

Agir, sans ceci et pour qui n’en fait commencer l’exercice à fumer, signifia, visiteur, je te comprends, philosophiquement, produire sur beaucoup un mouvement qui te rendre en retour l’émoi que tu en fus le principe, donc existes : dont aucun ne se croit, au préalable, sûr. Cette pratique entend deux façons ; ou, par une volonté, à l’insu, qui dure une vie, jusqu’à l’éclat multiple — penser, cela : sinon, les déversoirs à portée maintenant dans une prévoyance, supérieure à toute édilité, journaux et leur tourbillon, y déterminer une force vers un sens, quelconque de cent contrariée, avec l’immunité du résultat nul.

Au gré, selon la disposition, plénitude, vacuité.

Ton acte toujours s’applique à du papier : car méditer, sans traces, devient évanescent, ni que s’exalte l’instinct en quelque geste véhément et perdu que tu cherchas.

Écrire —

À personne, sans savoir quoi ; du fait de ne t’adresser, un objet, tu le traites.

L’encrier, cristal comme une conscience, avec sa goutte, au fond, de ténèbres relative à ce que quelque chose soit : puis, écarte la lampe.

Tu remarquas, on n’écrit pas, lumineusement, sur champ obscur, l’alphabet des astres, seul, ainsi s’indique, ébauché ou interrompu ; l’homme poursuit noir sur blanc.

Le pli de sombre dentelle, qui retient l’infini, tissé par mille, chacun selon le fil ou prolongement ignoré de signe, que le lettré saisisse ce ténu secret, ne le rompe malgré des entrelacs distants où se ploie un luxe, pour l’inventorier, stryge, nœud, feuillages et le présenter, sur imprimé, aux autres comme une invite à s’y intéresser.

Avec un rien de mystère, indispensable, qui demeurera, exprimé, quelque peu.


Je ne sais pas si l’Hôte perspicacement circonscrit son domaine d’effort : ce me plaira de le marquer, aussi certaines conditions. Le droit à rien accomplir d’exceptionnel ou manquant aux agissements vulgaires, se paie, chez quiconque, de l’omission de lui et on dirait de sa mort comme un tel. Exploits, il les commet dans le rêve, pour ne gêner personne ; mais, encore, le programme en reste-t-il affiché à ceux qui n’ont cure.

L’écrivain, de ses maux, dragons qu’il a choyés, ou d’une allégresse, doit s’instituer, au texte, le spirituel histrion.


Plancher, lustre, obnubilation des gazes et liquéfaction de miroirs, en l’ordre réel, jusqu’aux bonds excessifs de notre forme autour d’un arrêt, sur pied, subit de la virile stature, un Lieu se présente, scène, majoration devant tous du spectacle de soi ; là, en raison des intermédiaires de la lumière, de la chair et d’autres tissus, le sacrifice qu’y fait, relativement à sa personnalité, l’inspirateur, aboutit complet ; ou c’est, dans une résurrection étrangère, fini de celui-ci : de qui le verbe répercuté et vain désormais s’exhale par la chimère orchestrale. Sauf que d’un recoin de salle, il se célèbre, anonyme, dans le héros.

Tout, comme fonctionnement de ville : un peuple fête sa transfiguration en vérité. Honneur.

Cherchez, où c’est, quelque chose de pareil.

Le reconnaîtra-t-on dans ces immeubles suspects se détachant, par une surcharge en le banal, du commun alignement, avec prétention à synthétiser les faits-divers d’un quartier ; ou, si quelque fronton, d’après le goût divinatoire français, isole, sur une place, son spectre, je salue. Indifférent à ce qui, ici et là, se débite comme le long de tuyaux, le gaz aux langues réduites.

Ainsi l’Action, en le mode convenu, littéraire, ne transgresse pas le Théâtre ; s’y limite, à la représentation — immédiat extension de l’écrit. Finisse, dans la rue, autre part, un effet, la question tombe, je n’ai pas à faire au poëte : parjure ton vers, il n’est doué que de faible pouvoir dehors, tu préféras alimenter le reliquat d’intrigues commises à l’individu. À quoi sert de te préciser, enfant le sachant, comme moi, lequel n’en conserva notion que par une qualité ou un défaut d’enfance exclusifs, ce point, que tout ce qui maintenant s’offre, véhicule ou placement à l’idéal, y est contraire — presque une spéculation sur la pudeur de qui songea, pour son silence — ou défectueux, pas direct et légitime dans le sens que tout-à-l’heure voulut s’étirer ton âme. Vicié. Comme jamais malaise ne suffit, j’éclairerai, assurément, de digressions prochaines en le nombre qu’il faudra, cette réciproque contamination de l’œuvre et des moyens : mais auparavant ne convint-il spacieusement de s’exprimer, ainsi que d’un cigare, par jeux circonvolutoires, dont le vague, à tout le moins, se traçât sur le jour électrique et cru ?

Tout un délicat a, je l’espère, pâti —

Extérieurement, comme le cri de l’étendue, le voyageur perçoit la détresse du sifflet. « Sans doute » il se convainc : « on traverse un tunnel — l’époque — celui, long le dernier rampant sous la cité avant la gare toute puissante du virginal palais central, qui couronne. » Le souterrain durera, ô impatient, ton recueillement à préparer l’édifice de haut verre essuyé d’un vol de la Justice.

Le suicide ou abstention, ne rien faire, pourquoi ? — Unique fois au monde, parce qu’en raison d’un événement toujours que j’expliquerai, il n’est pas de Présent, non — un présent n’existe pas ? Faute que se déclare la Foule, faute — de tout. Aussi garde-toi et sois-là. Mal informé qui se crierait son propre contemporain, désertant, usurpant, avec impudence égale, quand du passé cessa et que tarde un futur ou que les deux se remmêlent perplexement en vue de masquer l’écart. Hors des premier-Paris chargés de divulguer une foi en le quotidien néant et inexperts si le fléau mesure sa période à un fragment, important ou pas, de siècle.

La poésie, sacre ; qui essaie, en de chastes crises isolément, pendant l’autre gestation en train.


Publie.

Le Livre, où fond l’esprit — de côté, signataire, mais calcule l’immémorial élan pour te projeter, avec, jusqu’à ce suspens aigu — satisfait, en cas de malentendu, un obligé par quelque pureté d’ébat à secouer le gros du moment. Impersonnifié, un volume, assez pour qu’on s’en sépare comme auteur, ne réclame, autrement, approche de lecteur. Tel, sache, entre les accessoires humains, il a lieu tout seul : fait, étant. Le sens enseveli se meut et dispose, en chœur, des feuillets.


Loin, la superbe de mettre en interdit, même quant aux fastes, l’instant : on constate qu’un hasard y dénie les matériaux de confrontation à quelques rêves ou aide une attitude spéciale.

Toi, Ami, qu’il ne faut frustrer d’années à cause que parallèles au sourd labeur général, le cas est étrange : je te demande, sans jugement, par manque de considérants soudains, que tu traites mon indication comme une folie je ne le défends, rare. Cependant la tempère déjà cette sagesse, à savoir, ou discernement, s’il ne vaut pas mieux — que de risquer sur un état à tout le moins incomplet environnant, certaines conclusions d’art extrêmes qui peuvent éclater, diamantairement, dans ce temps à jamais, en l’intégrité du Livre — les jouer, mais et par un triomphal renversement, avec l’injonction tacite que rien, palpitant en le flanc inscient de l’heure, aux pages montré, clair, évident, ne la trouve prête ; encore que n’en soit peut-être une autre où ce doive illuminer.
Stéphane Mallarmé - Variation sur un sujet.

jeudi 8 janvier 2015

Communiqué de l'Affranchi au sujet de l'Attentat à Charlie Hebdo - 07/01/2015

=== Attentat Charlie Hebdo ===



 untitled

Il est trop tôt actuellement pour tirer une quelconque analyse ou conclusion trop hâtives sur les faits récents de ce 7 Janvier 2015.
Pour l’heure, nous tenons néanmoins à présenter nos plus sincères condoléances à l’ensemble des proches des journalistes, policiers et autres victimes de l’attaque qui s’est déroulée ce matin.
 

Bien qu’assez souvent en désaccord avec la ligne éditoriale de Charlie Hebdo, la mort de journalistes, comme de quiconque n’est jamais à souhaiter.
Néanmoins, il semble nécéssaire de garder une certaine distance vis à vis de ces faits. Nous ignorons qui sont les auteurs de cet attentat, par qui cela a réellement été commandité et nous ignorons mêmes si, comme lors de l’affaire Merah, il sera possible d’entendre les assaillants une fois qu’ils auront été retrouvé.

Tout cela, que ça ait été fait de manière plus ou moins organisée et volontaire ou que ce soit le fait d’individus isolés, va être l’occasion de renforcer un climat de peur et de terreur. Ce climat qui fait tout à la fois le jeu du FN, du PS, du Crif… C’est-à-dire de l’ensemble de ce système bien rodé, qui n’hésite pas à produire des amalgames douteux dans un but d’organisation d’un « choc des civilisations » programmé.

IL est donc de notre devoir en tant que journalistes mais aussi comme citoyens d’être intellectuellement le plus honnête possible. C’est pourquoi nous tenons à rappeler que la communauté musulmane est sans cesse la proie d’attaques de toute part alors même que la majorité des musulmans en France ne sont pas des fondamentalistes. Les actes produits sous faux-drapeaux ou bien par de véritables islamistes, sont des actes minoritaires qui ne représentent pas l’ensemble des musulmans.

Des conclusions trop hâtives qui tendraient à défendre tel ou tel camp sous le coup de l’émotion ne peuvent conduire qu’à la guerre civile, d’abord idéologique, et plus encore par la suite…
Ne nous laissons donc pas être pris au piège. Produisons de la critique sérieuse et gardons notre calme. De notre positionnement en tant que citoyen dépendent les jours que nous souhaitons voir arriver demain. Ce type d’attentat est une occasion de plus pour le fascisme moderne de renforcer sa politique répressive et dictatoriale. A nous d’être plus intelligent.

Sur ce, nous rendons hommages une fois encore aux personnes ayant perdu la vie ce matin dans cet attentat et nous sentons solidaires de leurs familles, quel qu’ait pu être leurs actes, cela ne méritait certainement pas la mort.


Equipe Affranchi.


Communiqué de Camel Bechikh : https://www.facebook.com/ajax/sharer/?s=99&appid=2309869772&id=1764536060438510&p%5B0%5D=100006463999450&p%5B1%5D=1764536060438510&share_source_type=unknown

lundi 5 janvier 2015

"Si le philosophe était un révolté, il choquerait moins".




"La vie et la mort de Socrate sont l'histoire des rapports difficiles que la philosophe entretient, - quand il n'est pas protégé par l'immunité littéraire, - avec les dieux de la Cité, c'est-à-dire avec les autres hommes et avec l'absolu figé dont ils lui tendent l'image. Si le philosophe était un révolté, il choquerait moins. Car, enfin, chacun sait à part soi que le monde comme il va est inacceptable ; on aime bien que cela soit écrit, pour l'honneur de l'humanité, quitte à l'oublier quand on retourne aux affaires. La révolte donc ne déplaît pas. Avec Socrate, c'est autre chose. Il enseigne que la religion est vraie, et on l'a vu offrir des sacrifices aux dieux. Il enseigne qu'on doit obéir à la Cité, et lui obéit le premier jusqu'au bout. Ce qu'on lui reproche n'est pas tant ce qu'il fait, mais la manière, mais le motif. Il y a dans l'Apologie un mot qui explique tout, quand Socrate dit à ses juges : Athéniens, je crois comme aucun de ceux qui m'accusent. Parole d'oracle : il croit plus qu'eux, mais aussi il croit autrement qu'eux et dans un autre sens. La religion qu'il dit vraie, c'est celle où les dieux ne sont pas en lutte, où les présages restent ambigus, - puisque, enfin, dit le Socrate de Xénophon, ce sont les dieux, non les oiseaux, qui prévoient l'avenir, - où le divin ne se révèle, comme le démon de Socrate, que par une monition silencieuse et en rappelant l'homme à son ignorance. La religion est donc vraie, mais d'une vérité qu'elle ne sait pas elle-même, vraie comme Socrate la pense et non comme elle se pense. Et de même, quand il justifie la Cité, c'est pour des raisons siennes et non pour des raisons d'État. Il ne fuit pas, il paraît devant le tribunal. Mais il y a peu de respect dans les explications qu'il en donne. D'abord, dit-il, à mon âge, la fureur de vivre n'est pas de mise ; au surplus, on ne me supporterait pas mieux ailleurs ; enfin, j'ai toujours vécu ici. Reste le célèbre argument de l'autorité des lois. Mais il faudrait le regarder de près. Xénophon fait dire à Socrate : on peut obéir aux lois en souhaitant qu'elles changent, comme on sert à la guerre en souhaitant la paix. Ce n'est donc pas que les lois soient bonnes, mais c'est qu'elles l'ordre et qu'on a besoin de l'ordre pour le changer. Quand Socrate refuse de fuir, ce n'est pas qu'il reconnaisse le tribunal, c'est pour mieux le récuser. En fuyant, il deviendrait un ennemi d'Athènes, il rendrait la sentence vraie. En restant, il a gagné, qu'on l'acquitte ou qu'on le condamne, soit qu'il prouve sa philosophie en la faisant accepter par les juges, soit qu'il la prouve encore en acceptant la sentence. Aristote, soixante-treize ans plus tard, dira en s'exilant qu'il n'y a pas de raisons de permettre aux Athéniens un nouveau crime de lèse-philosophie. Socrate se fait une autre idée de la philosophie : elle n'est pas comme une idole dont il serait le gardien, et qu'il devrait mettre en lieu sûr, elle est dans son rapport vivant avec Athènes, dans sa présence absente,dans son obéissance sans respect. Socrate a une manière d'obéir qui est manière de résister,comme Aristote désobéit dans la bienséance et la dignité. Tout ce que fait Socrate est ordonné autour de ce principe secret que l'on s'irrite de ne pas saisir. Toujours coupable par excès ou par défaut, toujours plus simple et moins sommaire que les autres, plus docile et moins accommodant, il les met en état de malaise, il leur inflige cette offense impardonnable de les faire douter d'eux-mêmes. Dans la vie, à l'Assemblée du peuple, comme devant le tribunal, il est là, mais de telle manière que l'on ne peut rien sur lui. Pas d'éloquence, point de plaidoyer préparé, ce serait donner raison à la calomnie en entrant dans le jeu du respect. Mais pas non plus de défi, se serait oublier qu'en un sens les autres ne peuvent guère le juger autrement qu'ils font. La même philosophie l'oblige à comparaître devant les juges et le fait différent d'eux, la même liberté qui l'engage parmi eux le retranche de leur préjugés. Le même principe le rend universel et singulier. Il y a une part de lui-même par où il est parent d'eux tous, elle se nomme raison, et elle est invisible pour eux, elle est pour eux, comme disait Aristophane, nuées, vide, bavardage. Les commentateurs disent quelquefois : c'est un malentendu. Socrate croit à la religion et à la Cité en esprit et en vérité, - eux, ils y croient à la lettre. Ses juges et lui ne sont pas sur le même terrain. Que ne s'est-il mieux expliqué, on aurait bien vu qu'il ne cherchait pas de nouveaux dieux et qu'il ne négligeait pas ceux d'Athènes : il ne faisait que leur rendre un sens, il les interprétait. Le malheur est que cette opération n'est pas si innocente. C'est dans l'univers du philosophe qu'on sauve les dieux et les lois en les comprenant, et, pour aménager sur terre le terrain de la philosophie, il a fallu justement des philosophes comme Socrate. La religion interprétée, c'est, pour les autres, la religion supprimée, et l'accusation d'impiété, c'est le point de vue des autres sur lui. Il donne des raisons d'obéiraux lois, mais c'est déjà trop d'avoir des raisons d'obéir : aux raisons d'autres raisons s'opposent, et le respect s'en va. Ce qu'on attend de lui, c'est justement ce qu'il ne peut pas donner : l'assentiment à la chose même, et sans considérants. Lui, au contraire, paraît devant les juges, mais c'est pour leur expliquer ce que c'est que la Cité. Comme s'ils ne le savaient pas, comme s'ils n'étaient pas dans la Cité. Il ne plaide pas pour lui-même, il plaide la cause d'une cité qui accepterait la philosophie. Il renverse les rôles et le leur dit : ce n'est pas moi que je défends, c'est vous. En fin de compte, la Cité est en lui, et ils sont les ennemis des lois, c'est eux qui sont jugés et c'est lui qui juge. Renversement inévitable chez le philosophe, puisqu'il justifie l'extérieur par des valeurs qui viennent de l'intérieur.
Que faire si l'on ne peut ni plaider ni défier ? Parler de manière à faire transparaître la liberté dans les égards, délier la haine par le sourire, - leçon pour notre philosophie, qui a perdu le sourire avec son tragique. C'est ce qu'on appelle ironie. L'ironie de Socrate est une relation distante, mais vraie, avec autrui, elle exprime ce fait fondamental que chacun n'est que soi, inéluctablement, et cependant se reconnaît dans l'autre, elle essaie de délier l'un et l'autre pour la liberté. Comme dans la tragédie, les adversaires sont tous deux justifiés et l'ironie vraie use d'un double sens qui est fondé dans les choses. Il n'y a donc aucune suffisance, elle est ironie sur soi non moins que sur les autres. Elle est naïve, dit bien Hegel. L'ironie de Socrate n'est pas de dire moins pour frapper davantage en montrant de la force d'âme ou en laissant supposer quelque savoir ésotérique. " Chaque fois que je convaincs quelqu'un d'ignorance, dit mélancoliquement l'Apologie, les assistants s'imaginent que je sais tout ce qu'il ignore. " Il n'en sait pas plus qu'eux, il sait seulement qu'il n'y a pas de savoir absolu et que c'est par cette lacune que nous sommes ouverts à la vérité. Hegel oppose à cette bonne ironie l'ironie romantique qui est équivoque, rouerie, suffisance. Elle tient au pouvoir que nous avons en effet, si nous voulons, de donner n'importe quel sens à quoi que ce soit : elle fait les choses indifférentes, elle joue avec elles, elle permet tout. L'ironie de Socrate n'est pas cette frénésie. Ou du moins, s'il y a chez lui des traces de mauvaise ironie, c'est Socrate lui-même qui nous apprend à corriger Socrate. Quand il dit : je me fais détester, c'est la preuve que je dis vrai, il a tort suivant ses propres principes : tous les bons raisonnements offensent, mais tout ce qui offense n'est pas vrai. Quand il dit encore à ses juges : je ne cesserai pas de philosopher, quand je devrais mourir plusieurs fois, il les nargue, il tente leur cruauté. Il cède donc quelquefois au vertige de l'insolence et de la méchanceté, au sublime personnel et à l'esprit d'aristocratie. Il est vrai qu'on ne lui avait pas laissé d'autres ressources que lui-même. Comme le dit encore Hegel, il apparut " à l'époque de la décadence de la démocratie athénienne ; il s'évada de l'existant et s'enfuit en lui-même pour y chercher le juste et le bon ". Mais, enfin, c'est justement ce qu'il s'était interdit de faire, puisqu'il pensait qu'on ne peut être juste tout seul, qu'à l'être tout seul on cesse de l'être. Si vraiment c'est la Cité qu'il défend, il ne peut s'agir seulement d'une Cité en lui, il s'agit de cette Cité existante autour de lui. Les cinq cents hommes qui s'assemblèrent pour le juger n'étaient pas tous des importants ou des sots : il y en eut deux cent vingt et un pour l'innocenter et trente voix déplacées auraient sauvé Athènes du déshonneur. Il s'agissait aussi de tous ceux, après Socrate, qui courraient le même danger que lui. Libre peut-être d'appeler sur soi la colère des sots, de leur pardonner dans le mépris et de passer au delà de sa vie, il ne l'était pas d'absoudre par avance le mal que l'on ferait à d'autres et de passer au delà de leur vie. Il fallait donc donner au tribunal sa chance de comprendre. Tant que nous vivons avec les autres, aucun jugement de nous sur eux n'est possible qui nous excepte et les mette à distance. Le tout est vain, ou le tout est mal, comme d'ailleurs le tout est bien, qui s'en distingue à peine, n'appartiennent pas à la philosophie."

M. MERLEAU-PONTY, Éloge de la philosophie,
Gallimard, Paris,1953, pp.48-57

vendredi 2 janvier 2015

Carnets ouverts de Janvier 2015.

Nouvelle rubrique : carnets ouverts, réflexions et aphorismes indépendants. Mes premiers écrits étaient dans de petits carnets, où je notais les diverses reflexions, plus ou moins abouties, qui m'ont quelques fois bien nourri pour produire quelque chose de plus mûre ou qui d'autres fois n'avait pas vraiment de pertinence aussi... Je les ai délaissé à l'arrivé en classe prépa, par manque de temps.
  Puis, il y a eu le "mur facebook", outil intéressant qui permet de la même manière de laisser sa trace narcissique de la journée, c'est malheureux mais c'est ainsi...Autant essayer de faire en sorte que ce soit interessant et que cela donne à réfléchir alors, c'est le minimum, pas toujours atteint.
  Mais j'aimerais revenir à quelque chose qui se conserve mieux. Si je l’écris ici, c'est parce que de la même manière qu'on ne parle jamais pour se parler à soi, on n'ecrit jamais uniquement pour soi...  C'est d'ailleurs ce qui rend l'ecriture si difficile parfois.   Ces différents aphorismes, n'ont donc pas de valeur theorique comme peuvent l'avoir les articles ou les livres, mais leur but est différent au sens où tel un journal, ils s'adressent aussi à l'auteur lui-même. La manière dont ils s'y adressent, c'est lorsque l'auteur peut, quelques années après, prendre du recul sur ces réflexions régulière et voir l’évolution de ce qu'il a pensé, aimer, etc.
  Reste, ce qu'on a besoin d'ecrire, mais qui n'a vraiment pas vocation à être partagé finalement...Ce ne sera pas là, alors.


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- La haine envers les juifs c'est le plus souvent une jalousie envers le riche, compréhensible. La haine envers le noir ou l'arabe, c'est une peur envers le miséreux. Dans les deux cas, la peur de la prédation aussi. Là encore, bien plus qu'une problématique ethnique qu'on voudrait faire passer pour un "choc des civilisations", nous retrouvons ici une problématique économique, de classe. Ce n'est donc pas sur le terrain de l'ethnie que le combat doit se mener, mais sur le terrain économique et sociale... Il n'y a pas de couleurs ou de religion du bon ou du mauvais, pas non plus de sexe.


- Certains, sous pretexte d'une sorte d’endurance mentale, quitte tout pour trouver la solitude ou l'isolement. Or, l'isolement et la solitude profonde n'est jamais veritablement geographique mais toujours mental. la geographie ne fait qu'accentuer la solitude mentale, mais si la solitude mentale n'est pas là, elle est peu.  J'ai beau être seul au milieu de nulle part ou bien emprisonné même, si je sais que quelque part ailleurs, quelqu'un, une femme, des enfants, m'attendent... Alors je peux aisément affronter cette solitude, parce qu'on fond de moi je ne suis jamais vraiment seul mais vis toujours accompagné dans ce que je fais. En revanche, lorsque l'essentiel n'est plus là, lorsqu'il n'y a personne qui vit et vibre pour et avec moi comme je vibre pour et avec l'autre, je peux bien être entouré de millions d'êtres, cela m’oppresse et jamais je ne me sens plus seul qu'à cet instant - plus encore quand je viens de perdre l'essentiel.

-La nature ne doit pas être un lieu de retour, ça peut seulement être un recours. Recours lorsque la société civile devient trop invivable.
Notre nature propre n'est pas non plus la nature externe.
C'est là l'un des enseignements de Rousseau. Pas d'idéalisation de la nature ni de bon sauvage...

-A une époque où n'est fait l'apologie que du marginal foucaldien et où le gouvernement place dans ses priorités d'actions les communautés ultra-minoritaires au détriment de la majorité ultra-silencieuse... Hommage aux gens ordinaires, à ceux qui assument chaque jour le principe de réalité et font malgré tout tourner ce monde. Nous sommes les 99%. Hommage à nous tous qui, dans nos gestes quotidiens trop souvent oubliés, changeons la vie... Il est temps de le faire savoir en 2015.

-Le Travail, en soi n'existe pas.Il faut savoir de quel travail nous parlons. Il y a du travail salvateur et positif, dans ce qu'on s'impose à soi comme volonté propre - "l'obeissance à la loi qu'on s'est prescrite est liberté" * - Le travail peut nous elever. Mais le travail aliénant, sur lequel nous n'avons aucune prise, plus encore dans la dynamique de la division du travail, qui exclu la possibilité d'un homme total, nous détruit... On peut prendre du plaisir dans le second, aveuglement, et ne pas être torturé a priori... Et se torturer en un sens dans le premier bien, mais dans un ideal de production qui nous est cher et propre et qui produit du positif.
Nier une realité c'est la subir, l'accepter et la dépasser, c'est la contrôler, c'est ce qu'il nous faut faire avec le travail.


- L'entente sexuelle c'est deux personnes qui ne font qu'un, mais la connexion sexuelle véritable et absolue, totalement enivrante, c'est deux personnes qui font trois...que le tiers advienne ou non, d'ailleurs.

- Le temps est l'alliée par la nouveauté et l'ennemi par le dépérissement et l'habitude...

- L'un des problèmes majeure de la philosophie contemporaine c'est d'avoir mis en placard la perspective historique au seins de la philosophie, telle que l'a introduit Rousseau, prenant ainsi le contrepied des doctrines à la fois naturalistes et surnaturalistes. Aujourd'hui, l'ideologie de la "table rase" l'emporte... Et il n'y a plus rien de notre héritage. La perspective historique est anéanti dans le travail philosophique et au lieu de cela nous avons de l'Histoire de la philosophie. Certes cette dernière est nécessaire, mais ce n'est pas de la philosophie. Or, le monde moderne voit s'affronter sans cesse non pas des philosophes mais des partisans d'une doctrine ou d'une autre, s’essayant à l'Histoire de la philosophie.

- "Si le philosophe était un révolté, il choquerait moins"nous dit Merleau-Ponty, à juste titre ! Au contraire, l'action philosophie, qui mêle théorie et pratique est une révolution structurelle profonde, qui passe par un mouvement reflexif de retour à soi et à la Cité.

- J'ai vécu beaucoup de chose, jeune. J'ai voulu vivre beaucoup de chose, j'en ai vécu, peut-être un peu trop, un peu trop vite. Il m'aura fallu du temps pour comprendre qu'il faut du temps au temps.. Il m'en faut encore... J'aime trop vivre et multiplier sans cesses les expériences.

- Le présent s'impose à moi de fait à chaque instant. Mais depuis cette rupture, c'est comme si mon esprit demeurait dans le passé et cherchait sans cesse à y retourner. Comme s'il cherchait à recréer sans cesse du présent avec le passé, en vain.

-  Attentat Charlie Hebdo (07/01/2015) - Retranscription Facebook :

    - Du coup les Charlies/lots, la semaine prochaine, vous serez des centaines de milliers pour demander l'abolition de la loi Fabius-Gayssot ?
Je demande juste... Les militants du Dimanche aux ordres... J'suis con en fait, 99% des "Charlies" ignorent même jusqu'à l'existence d'une telle loi...
Pour la liberté d'expression pleine et entière !!
« La liberté de publier son opinion ne peut donc être autre chose que la liberté de publier toutes les opinions contraires. Il faut, ou que vous lui donniez cette étendue, ou que vous trouviez le moyen de faire que la vérité sorte d'abord toute pure et toute nue de chaque tête humaine. Elle ne peut sortir que du combat de toutes les idées vraies ou fausses, absurdes ou raisonnables. C'est dans ce mélange que la raison commune, la faculté donnée à l'homme de discerner le bien et le mal, s'exerce à choisir les unes, à rejeter les autres.»
Maximilien de Robespierre, Discours sur la liberté de la presse, 11 mai 1791
‪#‎Nouveaufascisme‬ ‪#‎DictaturePS‬ ‪#‎Fausseslibertés‬  

   - (En réponse aux nombreux "Je suis Charlie" )JE SUIS toi. Moi. Toutes celles et ceux qui assument le principe de réalité et qui parfois n'en peuvent plus. Je suis nous tous, qui dans nos gestes quotidiens "changeons la vie". Je suis l'enfant dont l'avenir est de plus en plus noir. je suis le parent qui ne ignore s'il pourra offrir un avenir meilleur à ses enfants. Je suis l'ouvrier exploité, je suis l'employé exploité, je suis l’étudiant qui cumule mille activité pour simplement avoir le droit de se former, je suis l'agriculteur qu'on assassine, le policier qu'on piétine, le palestinien dont la vie ne vaut rien Je suis... Je suis...
Je suis Charlie si tu veux. Mais mon combat pour la liberté de la presse, la liberté d'expression et les libertés politiques en général n'a pas commencé aujourd'hui et ne cessera pas dès lors que les médias mainstream arrêteront d'en parler...
Reveillez-vous bon sang... Sinon, il sera trop tard.
=> https://www.youtube.com/watch?v=pTY495I2s-w  

   - Il s'avère tout de même regrettable que, de la même manière que certains se pensent citoyens en allant seulement voter une fois tous les cinq ans, ils se sentent solidaires et renouent avec la fraternité lorsque les médias le leur ordonnent en s’agglutinant dans un même espace... avant d'oublier tout cela le lendemain et de n'avoir qu'un engagement politique dicté et ultra-temporaire...
M'enfin, quand Khadafi fût assassiné, il parait que nous étions tous américains... ce soir, nous sommes tous Charlie..
je tiens à preciser que je n'ai rein contre ces rassemblements en dehors du fait qu'ils ne servent à rien... Et qu'au lieu, encore une fois, de se bouger par reflexe pavlovien dès que les medias et les politiques en font la demande indirecte... afin de defiler bien encadré par les CRS.. Il serait sans doutes plus judicieux d'être en mesure de se lever et de se mobiliser chaque jour et de vivre réellement l'engagement politique...
metro - boulot - dodo - metro - boulot dodo - metro - boulot - dodo - Oooh attentat - manif on est des freres, on veut la libertéééé - metro - boulot - dodo - metro - boulot -dodo - metro - boulot - dodo...
Il y a aussi des personnes qui se donnent la mort chaque jour, des agriculteurs, des policiers, des standardistes... Du fait d'un système qui les tue ! Ca ne nécessite pas que nous nous mobilisions ces morts là?...

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- Le souvenir n'est jamais que reconstruction. Nous pouvons donc construire ou deconstruire nos souvenirs. Lorsque je me rappelle, ce n'est pas une image vraie que j'ai mais c'est la construction de ce que j'ai vécu.

- Le héros est dans l'Histoire la figure d'incarnation de "la ruse de la raison".

-  Je ne sais pas ce qu'il en est pour Soumission (je n'ai pas l'argent pour avoir l'envie de le savoir déjà...), mais extension du domaine de la lutte, ça a quand même de la gueule faut le reconnaître !... Puis on peut le trouver à 3euros. Incisif, intelligent, dépressif (mais les bons sentiments font rarement de la bonne littérature, comme le notait Gide). Bref, c'est quand même autre chose que Nothomb où je ne sais quel auteur dépourvu de toute réflexion, tout fond et pire pour un romancier, de tout style.
Bien sûr, comparons ce qui est comparable. Céline, dans son domaine, ne peut être comparé.

-  L’échec de la Révolution Russe d'octobre 17 vient du fait que la Russie n'était pas enclin à pouvoir accueillir le communisme. Au lieu de cela, certains individus ont eu la prétention de court-circuiter les processus  historique logique qui conduisent à une fin du capitalisme inevitable, mais il faut pour cela qu'il atteigne d'ores et déjà son apogée (ce qui a été fait depuis) et tombe en decadence jusqu'à sa chute. Là alors, il faut être à même de saisir les opportunités historiques afin qu'advienne le communisme. Mais la Russie n'y était pas prête et à réduit le socialisme et sa suite logique, le communisme à un capitalisme d'Etat.

-  Ils défilent pour la liberté d'expression le dimanche, ils enferment un humoriste le mercredi... ‪#‎JeSuisDieudo‬
Malgré tous les reproches que je peux faire à Dieudonné et plus encore à A.S, si nous souhaitons réellement défendre la liberté d'expression, notre liberté de pensée librement et nos libertés politiques alors il nous faut défendre tout le monde et en premier lieu les personnes avec lesquelles nous sommes a priori en désaccord !
Rappelez-vous que le propre de la société du spectacle et de la novlangue est de nous servir un discours en totale inversion avec le réel...
Reste à définir d'ailleurs si tout cela ne participe pas à l'ensemble de la même mascarade dans les intérêts de la guerre civile... Charlie, Dieudonné...
En attendant, pour eux, mais surtout pour les autres à venir qui n'auront rien demandé... Puis, autre chose impardonnable, que cela soit orchestré ou non, on en descend à chez quelqu'un à 7H00 du matin pour l'arrêter devant ses enfants pour un tweet ! Vous avez perdus le peu de couilles qui vous restait les gars ?...
JesuisDieudo ! JeSuisReynouard ! JeSuisCharlie ! JeSuisNousTous qui sommes ou allons être persécutés et inquiétés pour nos idées...
« La liberté de publier son opinion ne peut donc être autre chose que la liberté de publier toutes les opinions contraires. Il faut, ou que vous lui donniez cette étendue, ou que vous trouviez le moyen de faire que la vérité sorte d'abord toute pure et toute nue de chaque tête humaine. Elle ne peut sortir que du combat de toutes les idées vraies ou fausses, absurdes ou raisonnables. C'est dans ce mélange que la raison commune, la faculté donnée à l'homme de discerner le bien et le mal, s'exerce à choisir les unes, à rejeter les autres. »
Maximilien de Robespierre, Discours sur la liberté de la presse, 11 mai 1791
« L'opinion publique, voilà le seul juge compétent des opinions privées, le seul censeur légitime des écrits. Si elle les approuve, de quel droit, vous, hommes en place, pouvez-vous les condamner ? Si elle les condamne, quelle nécessité pour vous de les poursuivre ? »

Je suis pour la liberté d'expression totale ! Sans quoi il n'est pas possible de debattre... Dieudonné, Reynouard, Charlie Hebdo et les autres... En sachant que je suis en accord avec aucun des trois, ca tombe bien...

Charlie a été mal compris ? Dieudonné peut-être aussi ? Faurisson même pas écouté...

Je me range du côté de Chomsky pour une vraie liberté d'expression... Cela veut aussi dire qu'il faut les moyens de debattre et que la presse soit vraiment libre et non plus à la solde des banques et de la classe capitaliste.


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Soutenons-nous les uns les autres wink emoticon
Sous prétexte de liberté d'expression, le système la condamne. Tout est inversé comme toujours. A partir d'aujourd'hui alors, chaque citoyen aura affaire à la police de la pensée. Il devra s'auto-censurer plus encore qu'avant s'il ne veut pas tomber sous le coup de la loi. Les citoyens, les journaux seront contrôlés - c'était déjà le cas. Les citoyens, les journaux voulant exercer leurs esprits critiques seront attaqués, diffamés, traduit en justice. C’était aussi déjà le cas. Mais désormais, c'est officiel et cela devient légal.
Alors, j'espère que nous serons tous en mesure de nous défendre nous-mêmes, "tous pour un et un pour tous", demain lorsque l'un de nous sera traduit en (in)justice pour répondre de son droit à emmètre des idées.
J'espère le plus sincèrement qu'il m'est possible de l’espérer que nous serons nombreux à nous soulever et à ne pas permettre cela, à chaque instant... Tout autant, si ce n'est d'abord, pour ceux avec qui nous sommes en désaccord mais qui n'exercent que leur liberté de parole.
J'espère que nous saurons nous serrer les coudes. Je compte d'abord sur tous ceux qui n'ont pas étaient Charlie (au sens où ils n'ont pas contribué à cette mascarade d'une courte semaine - pas parce qu’ils sont heureux de ces attentats bien sûr), parce qu’ils sont souvent les plus éveillés face à tout cela. Mais je compte aussi sur ceux qui ont été Charlie et en ont le droit - je les invite seulement à faire en sorte que leur combat continue... Nos libertés politiques en dépendantes. Sinon, nous pouvons déjà tous nous taire et ramper...
A bon entendeur... Espérons que le courage balaye la lâcheté...
"Lorsque les nazis sont venus chercher les communistes,
je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste.
Lorsqu’ils ont enfermé les sociaux-démocrates,

je n’ai rien dit, je n’étais pas social-démocrate.
Lorsqu'ils sont venus chercher les syndicalistes,
je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste.
Lorsqu'ils sont venus chercher les juifs,
je n’ai rien dit,je n’étais pas juif.
Lorsqu’ils sont venus me chercher,
il ne restait plus personne pour protester."
Martin Niemöller

- On avorte de dix livres avant d'en écrire un. Que ce soit les idées qui nous y conduisent et qui produisent ce que Platon appelait "dialogue de l'âme avec elle-même", ainsi elles viennent et se contredisent jusqu'à aboutir à quelque chose de plus net ou bien que ce soit les pages qu'il faut réécrire. On avorte aussi des livres qu'on voudrait écrire mais qu'on écrit pas.

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J'aimerais croire que la Grèce soit encore le berceau d'un renouveau... Mais bon Syriza n'est pas le KKE ou bien même l'EPAM à la limite...
J'attends de voir avant de me réjouir comme un Merluchon de première.
Nous ne sommes pas à une tartufferie près le doute est donc largement bienvenu...
Deux options alors : soit une vrai prise de liberté et d'autonomie en quittant l'U.E et l'euro... soit la soumission à la Commission...

- Il est impossible de toujours profiter pleinement du moment présent sans en préparer le futur... au risque que le futur une fois devenu présent soit bien plus fade de n'avoir pas toujours été preparé ou construit par un passé lorsque ce dernier était présent... Ce qui n'enlève rien au fait de profiter pleinement à chaque instant de ce qu'il y a de mieux dans ce que nous faisons et de profiter de cqui n'est pas à construire mais qui au contraire peut s'enfuir à tout moment dans le futur, même le plus proche...

Loïc Chaigneau
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