dimanche 27 novembre 2016

Fidel est mort. Un monde se finit. Un autre, commence.




 Fidel est mort. Un monde se finit. Un autre, commence.


Cuba et l’anti-imperialisme.

  Le 25 Novembre 2015, Líder Máximo  est mort. A en croire Michel Onfray, il aurait peut-être dû choisir une autre[1], même si le dit intellectuel rappelle ensuite que la mort n’est que l’aboutissement de la vie, fait naturel. Difficile d’ores et déjà de s’y retrouver.
  Fidel Castro, l’ennemi public n°1 réel est mort. Dans son lit, à quatre-vingt dix ans. Ce n’est pourtant pas faute pour le camp impérialiste d’avoir chercher à l’assassiner à maint reprise : 638 fois même, d’après le très officiel journal Le Monde[2]. D’ailleurs, ce même journal faisait signer hier une nécrologie de Castro rédigé par un journaliste mort il y a quinze ans déjà. A croire qu’ils n’attendaient tous que cela.
  Ils ont essayé de le tuer. Qui, « ils » ? Les « yankee », la C.I.A, l’élite impérialiste, le grand Capital. Bref, ceux que Castro et ses alliés, Chavez, Sankara, Allende et les autres non-alignés, n’ont eu de cesse de malmener, en résistant ensembles ou successivement. La C.IA est même allée jusqu’à piéger, empoisonner, ses stylos, ses cigares ou ses produits pour la barbe. Fidel était de ce, assez rare sans doutes, qui eurent au moins 638 raisons officielles, et plus encore, de se méfier du « monde libre » et de ses sbires qui sévissent armés partout où les Hommes se lèvent. D’autres leaders, nombreux, n’ont pu résister à toutes ces attaques, comme l’a montré John Perkins, ancien « assassin économique » au service de la C.I.A[3].

  Castro et les cubains ont du faire face les premiers à de fausses révolutions, qu’on dit « colorées », à de nombreuses tentatives de coup d’Etat et d’assassinat. Les Etats-Unis n’ont eu de cesse d’imaginer un moyen pour détruire le régime cubain et sa population.
  L’arme principale des Etats-Unis n’était pourtant pas celle que l’on pense. En effet, ce fut avant tout celle de la séduction, dont Michel Clouscard disait qu’elle est « le pouvoir du langage indépendamment du Concept (…) un discours qui peut apparaître en ayant le pouvoir d’anéantir l’être ». C’est ainsi que qu’au détour d’une discussion avec un militant de « la gauche de la gauche », plus révolutionnaire en apparence que quiconque, j’ai le souvenir que celui-ci s’alarmait du fait qu’à Cuba, tous les emballages pour un même type de produit (un dentifrice, par exemple) étaient identiques. Selon lui, et d’autres, cela était une preuve de « totalitarisme ordinaire et quotidien » car « nul choix possible ». A cela évidemment, le monde capitaliste préfère une société où « tout est permis… », Mais où malheureusement, là encore « … rien n’est possible ». Mais encore faut-il le déchiffrer.

  Alors, je ne vais pas ici faire un éloge grandiose, qui suivrait une chronologie de faits glorieux attribués à Castro. Cela a déjà été fait. Néanmoins, on entend dire encore que « Cuba n’est pas socialiste », comme se plait à le répéter le gauchisme[4].
  Si cela est vrai, alors, et quand bien même ? Ce que nous défendons au travers de Fidel et dans l’entretien de sa mémoire, ce n’est pas Cuba comme paradis socialiste, mais d’abord et avant tout l’anti-impérialisme puissant que Castro et ses alliés ont pu insuffler de par le monde. C’est un monde au choix multiple. Un monde où l’Un peut côtoyer le multiple. Un monde où les Etats-Unis seuls ne pouvaient pas totalement et au moins idéologiquement régner en maître.
Quant à la réalisation socialiste de Cuba, il y aurait beaucoup à dire. Déjà, il faudrait dire que le socialisme, s’inscrit dans un inter-national-isme bien compris. Cet internationalisme rendu quasi impossible par l’embargo américain – mis en place dès 1962 par les Américains dans le but de véritablement saigner Cuba. C’est une réalité fondamentale, essentielle et première bien que la presse et les pseudos-analystes de tous bords jugent ces données très relatives.
Malgré cela, et sans entrer dans les détails, trop longs pour ce genre d’article, quel bilan tirer de la révolution cubaine ?
  D’abord, une mortalité infantile quatre fois plus faible que celle des régions aux alentours (il suffit de penser à Haïti…).  Une espérance de vie qui avoisine les quatre-vingt ans, contre 58 avant la révolution. Cuba dispose de la plus grande culture extensive et biologique. L’UNESCO elle-même a reconnue le haut niveau d’éducation à Cuba. La médecine cubaine est extrêmement en avance et non-soumise aux laboratoires pharmaceutiques. Le niveau de vie moyen du travailleur cubain est nettement plus élevé que celui des travailleurs d’Amérique Latine. La mise à disposition de biens d’équipements pour tous.
Bref, autant de choses pour un si petit pays, parti de si loin, que bien d’autres peuvent lui envier, à commencer par les U.S.A.
  Quant aux accusations des adversaires du régime cubain, elles indiquent que la pauvreté du pays serait le fruit d’une politique socialiste absurde dans laquelle le régime aurait persévéré. Ah… Il aurait pourtant fallu que Fidel renoue avec le capitalisme, avec l’impérialisme, et tout aurait été plus simple… Fidel, c’est un peu pour eux la forte tête de la classe qui n’a juste pas voulu se plier aux consignes ignobles et pourtant « normales ».

  Des justes, et des autres....

  Balavoine disait : « (…) Il n’y a que deux races : ou les faux ou les vrais. » Quoiqu’un peu binaire, ce 25 Novembre a été l’occasion de jauger les soutiens réels dans le camp progressiste et ceux qui, l’Histoire trébuchant, continuent de jouer aux révolutionnaires de pacotille voulant toujours se faire « plus royalistes que le roi ». C’est ainsi qu’alors que bon nombre de ceux qui assument encore aujourd’hui les idées de progrès et d’humanisme n’ont pas hésité à rendre un vif hommage à Fidel Castro, d’autres comme Chassaigne ou Onfray n’ont eu aucun répits pour lui cracher au visage, sans honte aucune.
  Nous avons là les personnages conceptuels de la défaite progressiste. Ceux-là même qui en d’autres temps n’ont pas hésité à pousser Allende dans la gueule du loup américain. Sous prétexte finalement, qu’il n’était pas assez pur, qu’il n’en n’avait pas fait assez, pas suffisamment socialiste, pas suffisamment ceci ou cela. Ceux qui, se jettent dans l’Enfer, pavés de bonnes intentions. Les moralisateurs de tous bords qui n’ont de maîtrise que les micros que les médias mainstream leur tendent volontiers pour discréditer les causes qu’ils prétendent défendre. Ils sont de ceux qui, en dernier instance, choisirons toujours la prestance figurative d’un Obama, à Castro ou Chavez. Ils sont de ceux pour qui l’analyse concrète et la politique objective n’existe pas. Seuls règnent l’apparence et le jugement moral. Qu’importe les millions de morts causés par le premier des américains tant qu’il se dit démocrate et qu’il revêt une noirceur de peau qui légitimerait le progrès – il vaudra toujours mieux que le vieux cubain  dont on nous rebat les oreilles qu’il n’a été qu’un infâme dictateur. Tout aussi « infâme » que l’est par ailleurs la « dialectique »[5] - Jugements qui vont de paire malgré les apparences.

  C’est ainsi que Michel Onfray n’a pas hésité hier à prendre son courage à deux mains pour vilipender Melenchon et le « mythe de Castro »[6].


Rien qu’un fou…

Le philosophe incontesté, qui s’inscrit pourtant « par delà le bien et le mal », appuie son propos par un argument incisif : « Mélenchon a-t-il fumé la moquette ? ». Une « philosophie au marteau » qui ne fait là que briser davantage encore la crédibilité de l’ecolo-réactionnaire Onfray. J’invite d’ailleurs les lecteurs à lire l’analyse que j’avais pu produire à ce sujet, disponible dans Faucons rouges (2016 – Thebookedtion).
  Onfray s’inquiète, comment peut-on défendre Castro, sur des positions écologistes, comme l’a fait Mélenchon, alors que le vieux cubain ne « défendait pas la nature ». Cela pourrait n’être qu’un élément anodin du discours d’Onfray – or, c’est un point central qui montre l’incapacité du camp progressiste à resituer l’Homme dans une compréhension globale du monde, du fait de l’antihumanisme omniprésent. Castro défendait, comme tout écologiste raisonné, l’Homme dans son environnement et le régime cubain a très tôt mis en place une politique agricole biologique qui s’est fait un nom. La nature n’attend pas de nous que nous la défendions, elle a fait fi des espèces vivantes à bien des reprises. Mais Onfray et « sa gauche » eux, ne veulent pas sauver les hommes, ils préfèrent brandir les slogans de l’idéologie dominante pour n’être que les idiots utiles des modes de production et politique qu’ils prétendent combattre. Si Nietzsche avoua qu’il «  n’était rien qu’un fou, rien qu’un poète », on retiendra des nietzschéens qu’ils ne sont que des fous.

  Puis, Onfray n’hésite pas à formuler ses « théories du complot », puisqu’elles sont autorisées lorsqu’il s’agit de Castro, bien sûr. Ainsi, il signale que l’annonce de la mort de Fidel Castro le 25 novembre semble corréler avec le 25 Novembre 1956, début de la guérilla menée par Fidel et ses acolytes. Il y aurait donc orchestration.
  Si le leader cubain était mort le 9 Octobre, Michel Onfray aurait sûrement mis en garde contre une orchestration symbolique de la mort de Castro visant à définir une date de mort identique à celle d’Ernesto Guevara. Le 8 janvier aurait fait résonnance avec la prise de la Havane en 1959 etc. bref, autant de date qu’il est possible d’articuler de manière arbitraire pour essayer de faire dire tout et n’importe quoi lorsqu’on n’a tout simplement rien à dire comme le pseudo-philosophe mondain. Il y a pléthore de dates marquante dans la vie d’un tel homme, après quatre-vingt dix ans. Il n’est pas nouveau que le philosophe fétiche des médias dispose d’une capacité inouïe à produire du vide sur des milliers de pages et de bandes sonore sou vidéos. Voici une nouvelle preuve.


  Cet épisode en dit bien plus long que l’anecdote qui le recouvre. S’il faut retenir quelque chose, outre ces trahisons ordinaires, c’est qu’avec la mort de Fidel, une page de l’Histoire se tourne. Aussi, il nous faut écrire les pages de demain, dans un monde où les forces progressistes sont plus que jamais mises à mal et où l’OTAN règne en maître tant politiquement que culturellement.
  Mais, sous cette hégémonie, derrière cet arbre qui ne peut plus que tomber et qui résonne, la forêt pousse, l’élan révolutionnaire germe, en silence mais de manière intense, tel un brasier ardent qui ne peut qu’émerger dans une période où le réel cesse d’être rationnel et donc fonctionnel.



Aussi, continuons à avancer et ce malgré les leurres pseudos-progressistes, et si :
« Les impérialistes voient des extrémistes partout, ce n’est pas que nous soyons des extrémistes. C’est que le monde se réveille. Il se réveille partout. Et les gens se lèvent. »


Loïc Chaigneau, pour initiative-communiste / Etincelles.
© 2016 -  Tous droits réservés


Voir aussi : http://www.marx.be/fr/content/cuba%C2%A0-parti-%C3%A9tat-et-institutions-sociales - Sur la construction du socialisme à Cuba.



[1] http://www.lepoint.fr/monde/onfray-mort-de-fidel-castro-melenchon-a-t-il-fume-la-moquette-27-11-2016-2086030_24.php
[2] http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2016/11/26/ces-638-fois-ou-la-cia-a-voulu-se-debarrasser-fidel-castro_5038675_3222.html
[3] http://www.dailymotion.com/video/xdatl2_les-assassins-economiques_news
[4] Libertaires, trotskistes, maoïstes.
[5] « l’infâme dialectique » est une expression de Deleuze, l’un des maitres à penser de ces générations plus révoltée que révolutionnaire.
[6] http://www.lepoint.fr/monde/onfray-mort-de-fidel-castro-melenchon-a-t-il-fume-la-moquette-27-11-2016-2086030_24.php

vendredi 25 novembre 2016

Le FN n'est pas raciste ? (Pour I.C et Etincelles)


Le FN n’est pas raciste ? Ou l’argument du sympathisant noir.

http://www.initiative-communiste.fr/articles/luttes/fn-nest-raciste-largument-sympathisant-noir/?pk_campaign=feed&pk_kwd=fn-nest-raciste-largument-sympathisant-noir&utm_source=Sociallymap&utm_medium=Sociallymap&utm_campaign=Sociallymap

L’ami noir : argument fallacieux du raciste.

Depuis quelques temps, et à l’appui d’une vidéo[1], les sympathisants et adhérents du scandent à qui veut l’entendre que le parti qu’ils soutiennent n’a rien de fasciste ou de raciste : ils en veulent pour preuve « des noirs, des maghrébins, des asiatiques, qui appellent à voter pour Marine Le Pen » (sic). L’usage rhétorique qui est employé est identique à l’argument du raciste qui prétend ne pas l’être parce qu’il « a un ami noir » ou « qu’il y en a des bien… »

Or, quoi de plus raciste déjà que de définir par la race[2] celui que l’’on considère comme un ami ? Il ne viendrait à l’esprit de personne de dire « j’ai un ami aux yeux noisettes » ou « je n’ai rien contre les personnes de petite taille, d’ailleurs j’ai une amie assez petite », ou simplement de définir par une quelconque caractéristique physique empirique tel ami ou tel autre. Soit nous avons des amis, qui sont ce qu’ils sont et que nous considérons comme tels de par la relation que nous entretenons avec eux – et ce, quelles que soient leurs origines ou caractéristiques purement physiques, soit cela s’apparente à une étroite forme d’amitié. Cela semble être un truisme, une simple évidence, mais il semble pourtant nécessaire de le rappeler.

racismeCet argument par la race renvoie d’ailleurs dos à dos racistes et « antiracistes » patentés, les uns comme les autres se contentant de garder comme point d’ancrage de leur réflexions ou débat la race. Or, une réelle position antiraciste est celle qui ne cherche pas davantage à mettre en place des quotas dans la vie civile ou professionnelle de telle ou telle personne en fonction de ses caractéristiques physiques. La question de l’antiracisme ne se pose que par opposition, mais c’est la voie supérieure qu’il faut convoquer et adopter, celle qui vise à mettre de côté la pseudo-notion de « race » pour déterminer les enjeux réels, sociaux-économiques, sentimentaux, etc. mais certainement pas l’imposture biologisante qui trahit à la fois et la cause a priori défendue et la biologie.
Cela étant dit, qu’en est-il du fascisme du F.N, malgré ses « sympathisants noirs, arabes, asiatiques », voire extra-terrestres peut-être ?  Finalement au F.N qu’importe la couleur, tant qu’on est dans les clous. Le problème demeure l’étranger, l’étrangeté même – celui-là qui invite à la réflexion sur soi-même, à la remise en cause de codes prétendument immuables. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien si Platon fait intervenir à maintes reprises dans ses dialogues le personnage de l’Etranger pour mener les débats et démasquer les sophistes. Mais ce n’est pas le lieu pour le développement de cette problématique.

Le fascisme n’est pas qu’un . C’est aussi une roue de secours.

Nous sommes actuellement en présence de deux formes de fascismes. Deux formes dont j’ai d’ailleurs tentés d’esquisser les caractéristiques dans Le nouveau fascisme paru en 2013. Même si j’aurais quelques critiques personnelles de fond à formuler a posteriori au sujet de ce premier livre, il n’en demeure pas moins que les caractéristiques de ces deux fascismes, qui n’en forment à vrai dire qu’un,  y sont pleinement déployées.
En effet, le ou les fascismes sont et ont toujours été les roues de secours du Capital. Il n’est pas étonnant alors de voir se mettre en œuvre un fascisme qui prend la forme de l’impérialisme. Celui-ci s’étend à la sphère géopolitique et planétaire comme dans l’adhésion au discours de l’idéologie dominante qu’il répand dans sa forme hégémonique et qui s’apparente davantage à un fascisme des esprits qu’un à fascisme de la matraque. Fascisme de l’impérialisme, « stade suprême du capitalisme » comme l’a longuement expliqué Lénine.
Puis, dans le même temps, le fascisme archaïque, celui de la matraque refait surface, car il ne peut en être autrement en période de crise du capitalisme. Ce dernier, bien qu’ayant fait siens les codes du fascisme de l’esprit – qui se répand par l’inculture plutôt que par le retrait de la culture[3] – surgit avec férocité dans ses actes et ses mots car à terme, il sait qu’il doit l’emporter à l’issue de la crise – car il est le rouage essentiel qui permet au Capital de perdurer. C’est dans cette lignée-là que les mouvements et partis d’extrême-droite d’Europe s’inscrivent. S’il a fallu un temps qu’ils camouflent leur jeu, et encore aujourd’hui un peu, pour certains en Grèce, en Norvège ou en Autriche par exemple il n’est plus question de le faire.
serpent_soldatIl est essentiel de comprendre alors que tout cela doit être apprécié dans une chronologie bien comprise. Le capitalisme s’installe comme un système instable dont le maintien repose sur une constante impérialiste et fasciste qui se déploie à différents degrés en fonction de l’intensité de ses crises et des moments historiques. La fascisation des esprits cède toujours la place à celui de la matraque en dernière instance.
Il nous suffit de nous référer aux différents travaux d’Annie Lacroix-Riz pour comprendre que les acteurs principaux du fascisme d’antan étaient les mêmes que ceux du grand Capital. N’oublions pas d’ailleurs que Jean-Marie Le Pen se flattait d’être le « Reagan français » il n’y a pas si longtemps encore.
Le propre du fascisme étant de « troubler ses eaux pour faire croire qu’elles sont profondes » – ainsi ils avancent à petit pas, mais représentent un réel danger. S’il a d’ailleurs lieu d’être, c’est parce que le fascisme a pour vocation de détruire une sortie de crise positive telle que cela pourrait avoir lieu sous l’impulsion d’un automouvement historique et des forces progressistes. Entre 1919 et 1922 les faisceaux de combat assumaient d’ailleurs parfaitement le rôle qui consistait à casser le mouvement ouvrier. Il en va de même pour l’après Commune de Paris, pour le Chili d’Allende, l’Allemagne nazie, etc.
Il est donc central et nécessaire de comprendre que Mussolini ou Hitler aussi avaient des amis, des contacts, des sympathisants juifs ou musulmans… Cela ne fait pas pour autant d’eux d’aimables républicains. Le fascisme sous ses formes diverses n’est pas qu’un racisme, c’est une instance immanente de réponse à une crise du Capital. C’est donc une continuité violente et ultra-sécuritaire du capitalisme libéral, malgré les confusions qu’il laisse naître.
Ainsi, le F.N n’est pas un parti patriote mais un parti nationaliste, pour qui l’ailleurs, l’étranger est l’ennemi. Là où les forces progressistes et patriotiques voient dans l’ailleurs un inter-national-isme possible qui n’est pas un inter-nationalisme mais une communion des nations et non le chauvinisme belliqueux.
De même, le F.N ne cesse, comme ses acolytes de droites de stigmatiser une part de la population et d’appuyer son propos sur la remise en cause d’un bouc-émissaire.
Le F.N sous des appels à la sécurité, à l’inefficacité d’un gouvernement en période de violences terroristes, ne fait que renouer avec l’idée qu’il faut construire une armée puissante et un contrôle de la population qui se fera avec l’accord du peuple. Or, c’est le double-jeu et le double-financement du Capital qui fait la guerre, active la crise et propose des solutions hasardeuses aux problèmes qu’il a lui-même crées, qu’il est nécessaire de dénoncer en apportant une réponse nationale et géopolitique adéquate.
Le F.N est pour une sauvegarde durable de l’emploi, outil du Capital qui se sert de la force prolétarienne en allant l’acheter sur un « marché du travail » alors que le mouvement ouvrier a produit une critique mais surtout des institutions à partir du CNR à même de nous émanciper de l’emploi.
Enfin, et la liste n’est pas exhaustive, le F.N ne cesse de faire le jeu de l’anti-syndicalisme en jouant la carte de l’anti-patronat mondialiste pour tenter le retour à un capitalisme « à papa » d’autrefois afin de conserver le mode de production capitaliste.
Mais, si nous sommes amenés à traverser une nouvelle période sombre et de tromperie organisée, il faut garder en tête que « les bavardages cessent devant le sérieux de l’Histoire » (Hegel).  Aussi, ce sont les forces que nous sommes prêts à établir aujourd’hui pour inverser ce processus, en adéquation avec le sens de l’Histoire qu’il nous faut construire. C’est-à-dire produire une critique qui fait sens et une théorie qui s’actionne dans la pratique pour contrer l’argumentaire fallacieux et intenable du fascisme de tous bords.

Loïc Chaigneau
, pour Initiative-Communiste / Etincelles.
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